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Pour vous Mesdames

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Savoir-vivre et usages : toute l'élégance française

 

Art culinaire raffiné, cérémonial sophistiqué, mode vestimentaire appropriée, galanterie et courtoisie ont historiquement façonné les "bonnes manières", autrement dit les beaux gestes "à la française".
Comportement relationnel ou autres coutumes régionales expriment ainsi le subtil mélange de convivialité et de retenue que l'on nous envie tant !

 

A TABLE Les plaisirs gourmands vont évidemment de pair avec le style de dégustation. On apprécie ainsi en toute simplicité les saveurs frugales et régionales d'un casse-croûte "sur le pouce" ou "au comptoir" d'un bistrot : salade composée, charcuteries ou autres recettes à base de fromages. Les fameux "bouchons" lyonnais ou les typiques "bars à vins" parisiens entretiennent avec passion cette manière de déjeuner tout en dialoguant souvent avec des convives inconnus. Tout comme la célèbre faconde provençale s'exprime encore sur les terrasses de villages ou la bonne humeur nordiste s'illustre joyeusement dans les brasseries lilloises. On parle alors de "manger à la bonne franquette".

Mais un repas plus sophistiqué entre amis, un dîner (que l'on appelait autrefois le "soûper") exige quelques égards. Pour une "maîtresse de maison", faire apprécier des mets raffinés implique aussi de dresser une jolie table et de déguster avec délicatesse. Il ne convient donc pas d'apporter en cadeau une bouteille de champagne (un comble au royaume du vin pétillant, et alors que le geste s'apprécie pour les fêtes de famille !), de servir le vin dès l'entrée au potage ou de manger (bien sûr) avec ses doigts ! De son côté, l'hôte ne doit pas proposer deux fois du fromage à ses invités, mais le plateau se révèle généralement très varié et copieux ! Il ne ressert pas non plus du vin dans un verre qui n'est pas encore vide. Une règle vaut cependant pour tous : prendre dans l'ordre les couverts... en commençant par les plus éloignés de l'assiette. Rien de "vieillot" dans tout cela ; plutôt une volonté d'entourer d'une certaine atmosphère ce moment festif du repas.

© MDLF/Cedric Helsly

AU RESTAURANT La plupart des règles "à table" se retrouvent au restaurant. Mais l'Histoire remet par exemple en cause la logique d'un "réflexe" de politesse assez commun, consistant à ouvrir la porte et laisser passer une dame en premier. Les tenants de la tradition pure (écoles privées très "sélect" et auteurs faisant référence dans ce domaine, comme Nadine de Rotschild) rappellent qu'entrer dans une auberge pouvait s'apparenter autrefois (il y a longtemps !) à tomber dans un traquenard, et que c'était donc à l'homme d'accomplir en premier ce geste risqué ! La porte du restaurant reste donc aujourd'hui une exception à la règle de galanterie si évidente par ailleurs.

 

 


LA TENUE VESTIMENTAIRE S'habiller reste aussi affaire de bon goût, puisqu'il procure le plaisir d'illustrer sa personnalité tout en évitant l'incongruité, de pouvoir revendiquer une certaine originalité tout en échappant au " ni trop, ni pas assez" ! Il faut savoir donc décrypter un carton d'invitation pour s'habiller convenablement lors d'un cocktail chic ou d'un déjeuner mondain.  "Tenue de ville souhaitée" signifie plutôt tailleur ou robe pour les dames et costume assez strict pour les hommes. L'expression "Tenue de soirée" évoque le smoking et la "robe du soir", plutôt longue. Mais l'élégance française tient surtout dans une aisance naturelle, un métissage de simplicité et de détails précis. Le style décontracté n'empêche pas par exemple de donner de l'importance aux accessoires : cravate ou ceinture, châle ou sac-à-main. Et si le chapeau n'est plus souvent de circonstance pour les dames, sauf pour les cérémonies d'enterrement ou de mariage (mais il se quitte en passant à table), il doit être coordonné avec les couleurs vestimentaires.

RENCONTRES Si la ponctualité, première politesse, n'est pas toujours le point fort des Français, chacun apprécie pourtant de voir arriver son interlocuteur ou son interlocutrice à l'heure au rendez-vous ! Se faire la bise, sans pour autant se connaître intimement, illustre bien sûr un signe d'accueil chaleureux (pratique plus ou moins courante aussi sur le lieu de travail), mais les hommes entre eux en restent à la solide poignée de mains (sauf en famille). Le nombre de bises diffère aussi selon des habitudes régionales : une, deux, trois ou quatre ! Pour le baise-main, lointain souvenir des manières de cour royale et dont l'usage se restreint aux soirées très mondaines, il consiste à effleurer seulement des lèvres le dos de la main de madame ou mademoiselle.

Jaques Chirac, fervent amateur du baise-main

© AFP - Christophe Simon

Discuter de tout et de rien constitue en France un "sport national", qui respecte évidemment les convictions politiques ou religieuses de chacun. Les cafés et bistrots, si typiques de la France et de Paris, s'animent alors de conversations sur tous les thèmes possibles, avec toujours une liberté de parole et un certain sens de l'humour et des expressions populaires inventives, parfois sources d'inspiration pour les auteurs de chanson ou de théâtre ! Et si on dit les Français chauvins, ils savent néanmoins partager un certain fair-play dans les stades, notamment pour le rugby, sport en plein essor où la philosophie du beau geste prévaut. Quant à la mauvaise foi et la vantardise, elle fait un peu partie du charme du jeu de pétanque, rituel incontournable en Provence mais discipline de loisir très pratiquée par les vacanciers et sport de compétition pris avec sérieux dans le monde entier, jusqu'en Asie !


COMPORTEMENT CIVIQUE_Souvent qualifiés de râleurs ou d'indisciplinés, les Français aiment protester mais acceptent finalement de bonne grâce les règles en vigueur. Ils savent être patients dans la file d'attente d'un cinéma ou dans un embouteillage automobile. Ils respectent aussi très sagement une récente loi anti-tabac qui interdit de fumer dans tout lieu fermé accueillant du public (café-restaurant, entreprise, hall de gare, etc.). Des lois très strictes encadrent aussi l'abus d'alcool au volant (ou la vitesse excessive). La vente de boissons alcoolisées est d'ailleurs réservée à certains lieux possédant la Licence IV.


Et si le téléphone mobile se trouve dans toutes les poches, il suffit d'affichettes préconisant le respect d'autrui, par exemple dans les trains TGV, pour que les plus bavards se montrent alors discrets.

 

EN PLEINE NATURE Loin des contraintes de la ville, les randonneurs à pied ou en vélo profitent d'une liberté "ressourçante" mais doivent aussi respecter le droit de la propriété rurale et l'activité agro-pastorale ou encore la préservation des espaces naturels. On ne traverse donc pas les champs cultivés, on ne dérange pas les troupeaux de vaches ou moutons, on évite les jours de "coupe" (les bûcherons au travail) pour une balade en forêt. De même, il est déconseillé de se balader parmi les taillis en période de chasse automnale (tradition très populaire), tout comme il est carrément interdit de randonner en forêt méditerranéenne en plein été... pour cause de risque d'incendie (l'idée étant d'éviter des victimes potentielles).


© MDLF - Jean-Claude Figenwald

 

Plus marginalement, le parapente ou l'escalade sont limités sur certains sites comme les falaises où nichent des rapaces protégés. Quant aux réserves naturelles et aux parcs nationaux, ils n'autorisent pas l'accès des chiens, qui peuvent troubler la quiétude de la faune sauvage ou transmettre des maladies aux autres populations animales.


A lire_Pour les jeunes filles désireuses de parfaire leur "bonne éducation": Nadine de Rothschild : "Le bonheur de séduire, l'art de réussir" Mode d'emploi du savoir-vivre au XXI ème siècle (éd. Robert Laffont- 2001)

 

 

 

Philippe Bardiau © La Maison de la France

 

 

 

Article reproduit par courtoisie de Maison de la France, pour plus d’information, rendez-vous sur www.franceguide.com