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P
urificacion Carpinteyro, étoile internationale des télécommunications relève le défi de reformer un service postal mexicain chaotique.

Elle n'a pas été accueillie à bras ouverts et par des sourires chaleureux. Quand le président Felipe Calderon a offert a Purificación Carpinteyro le poste de directrice générale des services postaux mexicains (Sepomex), les opposants politiques du chef de l'Etat ont été nombreux a contester sa nomination.

En plus, selon la loi mexicaine, les dirigeants d'une entreprise semi publique doivent être mexicains de naissance et ne doivent ni se prévaloir ni aspirer a une autre nationalité. Le problème, dans le cas de Carpinteyro, née au Mexique, réside dans le fait qu'elle possédait également les nationalités espagnoles et brésiliennes, obtenues au cours de sa longue carrière de femme d'affaires internationale.

Le débat n’a pas abouti et depuis avril dernier Purificación est à la tête de Sepomex.  Mais si le monde politique a réagi aux changements au sein de Sepomex, au sein des entreprises également, le retour de Carpinteyro dans son pays a  intrigué. Pourquoi une femme d'affaires avec une telle trajectoire dans le milieu des télécommunications – trajectoire qui comprend l'entreprise espagnole Telefonica, la brésilienne Embratel, MCI Worldcom aux Etats-Unis et l'entreprise mexicaine Iusacell – s'intéresserait-elle à une entreprise publique problématique ?

Assise dans son nouveau bureau, elle répond que la raison en est extrêmement simple.

“Apres tant de temps consacré au secteur prive et loin du Mexique [sept ans], je voulais faire quelque chose pour mon pays”, dit-elle. La phrase n'est pas seulement un cliché. Sepomex se trouve en effet depuis plusieurs années dans une situation financière désastreuse, due à une mauvaise administration, un cadre  régulateur complexe, et une concurrence féroce de la part des nouvelles technologies et des entreprises privées proposant des services du même ordre.

La femme d'affaire planifie donc une reforme complète. En fait, elle raconte que ce qui lui tiendrait le plus à cœur serait de changer le nom de l'entreprise. "Pendant plus de quatre cent ans [le service postal au Mexique datant de 1580] cette institution s'est appelée "Correos de Mexico", mais un jour quelqu'un, certainement dans un élan de nationalisme, a pense que "Servicio Postal Mexicano" était plus adapte, dit-elle. "Nous devons faire revivre la tradition du courrier : Sepomex a perdu toute crédibilité au sein de la population, et une façon de la réhabiliter serait de revenir à l'essence même de la tradition, Correos de Mexico me semble être un nom plus approprié".

Sans aucun doute, le changement de nom est peut être un des paris les moins exigeants que devra relever Purificación. "(Sepomex) est une institution qui a été laissée a l'abandon, qui ne faisait pas partie des priorités de l'administration précédente", dit la femme d'affaire, qui se dit être une personne qui préfère les idées révolutionnaires aux changements petit a petit.

"La gestion de l'entreprise laissait sérieusement à désirer, il faut investir massivement dans la technologie, et améliorer les modes de fonctionnement".

En 2006, par exemple, Sepomex, bien qu'ayant généré plus de 230 millions de dollars a clôturé l'année sur une perte de 46 millions de dollars. Une situation dramatique, et qu'il a fallu résoudre par un appui financier de l'Etat.

Néanmoins, c'est la loi postale mexicaine elle-même qui a conduit à la mauvaise sante financière du distributeur de courrier.

Le transport de la correspondance des partis politiques, par exemple, du pouvoir judiciaire dans son ensemble et du Tribunal Fiscal de la Fédération est, selon la loi, assuré gratuitement par Sepomex.

En 2006, année électorale, l'entreprise publique a transporte plus de 35 millions d'objets provenant des différents partis politiques. Ne pas faire payer ce service lui a fait perdre 16 millions de dollars, soit 35.5% du déficit total qu'elle a enregistre cette même année.

De la même façon, même si la loi l'autorise à un monopole sur une certaine classe de courrier (les paquets dont le poids ne dépasse pas un kilogramme), Sepomex, selon ses propres estimations doit faire face à une concurrence de plus de 4000 entreprises de messageries qui, ignorant les restrictions auxquelles les enfreignent la loi, distribuent toutes sortes d'enveloppe et de colis postaux.

Ces entreprises constituent le courrier "parallèle" du Mexique, et à la différence de l'entreprise publique, possèdent des infrastructures modernes et ne sont pas confrontées à une bureaucratie oppressante ou à des syndicats pluriséculaires.

" Les déficiences de Sepomex conjuguées a l'absence de règles dans le milieu de la messagerie ont crée une brèche et ont permis au secteur de la messagerie de se développer a un rythme de 10% annuel au cours de la dernière décennie." affirme un employé de l'Association Mexicaine des entreprise de Messagerie (AMMPAC), qui a demandé à rester anonyme.

 

L'analyse de la situation actuelle se traduira donc par la conception et la mise en place d'un plan de développement stratégique, dont les premiers résultats seront visibles des la fin du deuxième semestre de 2007; et particulièrement en décembre, mois au cours duquel se réalise un très grand nombre d'envois.

"Le but que nous nous fixons est d'atteindre des niveaux d'efficacité comparables a ceux du reste du monde", dit-elle.

Toutefois, Carpinteyro ne se fixe pas de but en termes de bénéfices, ou considère également qu'il est encore trop tôt pour comparer Sepomex à l'aune de standards internationaux. "Mon objectif actuel n'est pas focalisé sur les bénéfices", assure t'elle. Sa priorité est bien plus d'éliminer les zones d'inefficacité qui existent dans le réseau de distribution, qui se compose, selon Sepomex, de 36615 bureaux de poste et de 3018 itinéraires terrestres, et qui, au cours de l'année dernière, a déplacé plus de 770 millions de pièces.

Réussir à rendre ce réseau efficace serait faire prendre à Sepomex un cours nouveau : restaurer la confiance des citoyens et des entreprises, développer des services en mettant à profit l'uni l'unique réseau de distribution public qui couvre l’ensemble du territoire mexicain, (similaire à ceux qu'utilisent Bimbo et Coca Cola pour la distribution de leurs marchandises) et enfin, lutter contre la concurrence des entreprises privées.  "Le réseau est tellement vaste et puissant que nous ne devrions pas avoir à nous préoccuper de la concurrence, qui possède un marche uniquement parce que Sepomex a laisse une brèche ouverte", dit-elle.

De fait, dans la stratégie de guérison entreprise par Carpinteyro, le réseau de distribution est tellement important qu'elle se risque enfin à annoncer des objectifs précis : une lettre devra, à partir de son dépôt dans un bureau de poste, être distribuée dans le pays en 6 jours maximum, et en 24 heures s’il s'agit de la même ville.

Si Sepomex réussit à tenir de tels temps de distribution, assure Purificacion Carpinteyro, les bénéfices suivront, la sante financière de l'institution s'améliorera notablement et il sera alors légitime de rêver à de nouvelles idées pour le futur : des services de livraison de colis reliés au commerce en ligne, une plus grande participation dans des actions de marketing direct, virements et envois d'argent, pour tirer notamment partie des envois des mexicains vivants aux Etats-Unis, (avec l'installation de services bancaires propres ou gérés par des tiers au sein des bureaux de poste), des bureaux de poste qui offriraient différentes possibilités de communication.

Et bien sur, si Purificacion Carpinteyro a de la chance, un nouveau nom pour l'entreprise publique.

 

Andrés Piedragil Gálvez © 18.06.2007, Américaeconomía, tous droits réservés.

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