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 Luxe possible

 

 

 

 

   L.U.X.E.

 

 

                     Possible

 

© MDLF/CRT Champagne-Ardenne/Oxley

                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

Tharyn Estévez, mexicaine, consomme plus de champagne aujourd'hui qu'avant.

Les restaurants n'en vendaient pas au verre et elle ne voulait pas en commander une bouteille pour en boire moins de la moitié et gaspiller le reste.
Mais depuis quelque temps, l'offre croissante de champagne au verre proposée par des restaurants de plus en plus nombreux a fait que, comme beaucoup de jeunes d'une classe supérieure émergente, elle augmentera sa consommation de champagne français, sans avoir à payer plus. « Cette option au verre a fait que j'ai augmenté la fréquence à laquelle je bois du champagne », dit-elle.

Et cette tendance est tombée à point pour les réserves et les producteurs de champagnes. « Elle permet de réduire l'impact de l'addition du consommateur », dit Jérome Seignon, directeur général de Moët Hennessy México, division des boissons de luxe du groupe français LVMH.

Le résultat est que la consommation de champagne a été multipliée par deux les cinq dernières années au Mexique. Moët Hennessy, qui domine 90% du marché dans le pays, a vu sa facturation augmenter de 18% et son volume de 11% en 2007. « Nous avons réussi à convaincre le public d'incorporer le champagne dans sa vie », dit Seignon. L'entreprise estime que cette année se clôturera avec une croissance de entre 10% et 15% sur un marché qui consomme 700 000 bouteilles à l'année.

En plus d'une meilleure stabilité économique, l'offre croissante de mousseux bon marché en provenance d'Espagne, d'Italie et du Mexique même a rendu le chemin plus facile aux produits de la fameuse région française : en s'introduisant dans ce monde, les gens découvrent que le champagne n'est pas excessivement cher. Et cela a aidé à rompre des paradigmes, comme la croyance que sa consommation était réservée seulement pour les grandes célébrations.

Aujourd'hui au Mexique, il existe un grand choix de mousseux qui sont accessibles, dit Pilar Meré, coordinatrice de la Promotion des Vins Mexicains de l'Association Nationale des Viticulteurs. « Aujourd'hui nous savons que le mousseux est obtenu à travers trois méthodes différentes et non pas seulement une, et que, de la même manière que pour le champagne, il peut être consommé à divers moments.

De plus, le champagne n'est plus soumis à un seul prix ni à une unique marque. La raison tient à ce que les producteurs ont su accompagner la tendance mondiale de la « démocratisation » du luxe, un des piliers de la stratégie pour pénétrer dans des pays comme le Mexique. Son offre, qui auparavant été réduite et coûteuse, aujourd'hui est suffisamment vaste pour inclure divers prix.
Par exemple, une bouteille de Möet Et Chandon de 750 millilitres au Mexique coûte environ 72 dollars. Mais, depuis un an, on peut trouver la présentation à 220 millilitres, dont le prix est de 23 dollars. « Il y a des produits à prix moins élevés qui unitairement en valeur absolue continuent d'être coûteux, mais relativement bon marché par rapport au reste de la gamme », dit Seignon.

 © MDLF/Style City

 Cette disposition passe aussi par l'effort qu'ont entrepris les producteurs dans la promotion auprès des ménages. « Notre travail est d'inculquer au marché que le vin mousseux se consomme aussi lorsque l'on mange, pour accompagner tout un repas du début à la fin », dit Ricardo Espíndola, sommelier du producteur espagnol de mousseux Freixenet México et coordinateur de l'École des Vins du Centre Culinaire Ambrosía. « Il nous faut ôter cette étiquette de vins exclusivement pour faire la fête qui colle au mousseux ».

Ce qui est curieux, affirment les experts, c'est que le champagne et les mousseux se marient très bien avec les parfums piquants et les assaisonnements de la gastronomie mexicaine. Et ce trésor, il faut le capitaliser. « Le champagne n'est plus seulement élégant, à présent il est versatile. Au Mexique ceci se vend comme un facteur d'opportunité », dit Meré.

L'intérêt qu'a réveillé la boisson auprès des papilles a même favorisé, à son tour, d'autres activités. En fait, le Centre Culinaire Ambrosía a lancé cette année un diplôme consacré exclusivement à la formation de sommeliers et a entrepris divers programmes sur des dégustations de vins. « Le vin est à la mode, on le voit de partout, y compris dans les écoles de gastronomie », dit Espindola.

Mais le potentiel est encore en devenir. La consommation de vin par tête au Mexique est de seulement 500 millilitres annuels, mais il y a huit ans elle était de 29 millilitres. C'est pour cela que la stratégie pour les papilles mexicaines est très différente à celle d'autre pays où le marché est plus mûr. Ici, par exemple, Möet Hennessy continuera encore une stratégie agressive de croissance du champagne. Le pays se place déjà en première position de la consommation régionale et parmi les premiers 15 marchés au niveau mondial.

 

Vers le sud

En Argentine et au Brésil, second et troisième pays au niveau de la consommation de champagne en Amérique Latine, la tactique est différente pour Möet Hennessy, le secteur des mousseux étant beaucoup plus développé sur ces deux marchés. En fait, l'Argentine est le premier lieu en ventes générales de l'entreprise dans la région. Et c'est dans ce pays que Möet Hennessy élabore des vins rouges, blancs et mousseux. « Nous avons donné une alternative de consommation à un niveau de coût moins cher pour les consommateurs », dit Seignon.

L'Amérique Latine n'est qu'un marché émergent de plus dans la ligne de mire des producteurs de vin. Les pays traditionnellement producteurs et consommateurs ont entrepris un plan pour diversifier leurs marchés en raison de quelques baisses dans leur consommation nationale. « L'Italie, par exemple, qui consommait jusqu'à 70 litres par an a chuté à 40 litres », dit Meré.

Cette baisse, causée par l'apparition de nouvelles boissons, les hauts et les bas de l'économie et d'autres facteurs, a poussé les  Européens à regarder plus loin que leurs terres, où il reste encore beaucoup de terrains à explorer. « En Europe par exemple, c'est difficile d'avoir une croissance annuelle de 10 %, dit Seignon. En Amérique Latine, au contraire, une croissance à deux chiffres n'est pas difficile.

En fait, la région fut parmi celles qui a eu l'une des plus grandes croissances au niveau mondial en matière de ventes de boissons alcoolisées en 2007. L'Amérique Latine a enregistré une augmentation de 15%, beaucoup plus élevée que la moyenne mondiale, qui fut de 6%, selon une étude de ACNielsen.

Des chiffres comme ceux-ci continueront d'attirer des entreprises dans la zone et inciteront celles du Mexique à produire plus de vins mousseux. « Ce n'est pas pour rien que nos producteurs visent la demande interne. Ce produit est en train de connaître une révélation », dit Meré.

 

© MARISOL RUEDA / AMÉRICAECONOMÍA, tous droits réservés / 25/09/2008

 

 Article reproduit par courtoisie de AméricaEconomía,

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