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Envolée des prix oblige, toutes les compagnies aériennes cherchent à consommer moins de kérosène. Leur méthode ? Perdre des kilos
Comme le dit le président d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, «la rareté énergétique est un puissant moteur de vertu écologique». Pour brûler le moins possible de ce kérosène qui leur coûte si cher, les compagnies aériennes sont devenues écolos. D'ailleurs, elles ne parlent plus d'«économiser le carburant», mais de «réduire leurs émissions de CO2». Cela revient au même, tout en donnant des chiffres plus impressionnants : la combustion d'une tonne de kérosène produit 3,14 tonnes de gaz carbonique. Rien qu'en réduisant de 3 grammes le poids de chacun des verres en plastique distribués aux passagers, Air France a ainsi réduit de 209 tonnes ses émissions annuelles de CO2. Et de 19 400 tonnes avec la diminution de 6 kg du poids des trolleys - les chariots distributeurs de plateaux-repas. Alors, on imagine le colossal bénéfice que va apporter, à compter de l'an prochain, le remplacement de tous les sièges des appareils moyen-courriers - dont la masse unitaire va être réduite de 4,5 kg !_Toutes les compagnies aériennes ont condamné leurs avions au régime minceur. «Chaque kilo gagné procure une économie annuelle de 17 000 dollars», a calculé Tim McGraw, de Northwest Airlines - une compagnie qui a diminué de 25% le stock d'eau embarqué dans les toilettes de ses avions. Tout comme Singapore Airlines, qui n'indique pas de pourcentage mais assure avoir «optimisé» le remplissage de ces pesants réservoirs. A bord des avions, en effet, les toilettes, c'est l'ennemi : elles prennent de la place, et l'eau est 22% plus pesante que le kérosène lui-même. On peut donc s'attendre à de fortes incitations pour aller faire pipi avant l'embarquement, ce qui présente un double avantage : moins d'eau à embarquer pour les chasses d'eau et des passagers un rien plus légers. Sans compter que, si cette bonne habitude préventive s'instaurait, on pourrait réduire le nombre des toilettes, au moins sur les vols courts - et donc installer un ou deux fauteuils de plus. En tout cas, chez Singapore Airlines, on écarte la «lubie ridicule» de Richard Branson, le PDG de Virgin Atlantic, qui avait envisagé d'installer des douches dans ses A 380. Alors que s'organise la chasse impitoyable au moindre gramme superflu, il n'est plus question de pareilles utopies. La Japan Airlines s'est même attaquée à la vaisselle utilisée en première classe, l'allégeant de 20%. Et toutes les compagnies envisagent de remplacer, par une version électronique, la lourde documentation (40 kg de cartes de tous les trajets et tous les aéroports du monde) obligatoire dans les cockpits. Pour calculer au plus juste la quantité de carburant à embarquer - non seulement il est coûteux, mais on en consomme d'autant plus qu'il y en a... trop en soute -, on va désormais jusqu'à comptabiliser séparément les passagers hommes et femmes, ces dernières étant en moyenne un peu moins lourdes. On pèse aussi, bien sûr, les bagages, et certaines compagnies facturent déjà chaque colis enregistré (15 dollars chez American Airlines). […]
Fabien Gruhier © Le Nouvel Observateur,
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