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 Du nouveau pour les immigrants Français au Québec

  

 

 

 

 

 

AFP / AFP / David Boily

CANADA, Quebec: le Premier Ministre Français, François Fillon, le Président Français, Nicolas Sarkozy, le Secrétaire d'Etat en charge de la Coopération et de la Francophonie Alain Joyandet et le Secrçétaire Général de la Francophonie Abdou Diouf signent un accord de la Maison de la Francophonie de Paris lors du XIIème Sommet de la Francophonie, le 18 octobre 2008, dans la ville de Quebec.

 

 

Du nouveau

pour les immigrants FRANÇAIS

              au

                Québec

 

 

En marge du XIIe Sommet de la francophonie, à Québec, Paris et la Belle Province vont signer une entente, ce vendredi, pour favoriser la mobilité de la main-d'oeuvre.  Un geste politique qui encourage l'immigration choisie.

 

 

 

 

Orthophoniste parisienne chevronnée, Marie-Hélène Bargès était convaincue de trouver facilement du travail lorsqu'elle s'est installée à Montréal, il y a quatre ans, avec mari et enfants. Le Québec manquait - et manque toujours - d'orthophonistes : son CV lui ouvrirait toutes les portes, s'était-elle entendu dire au cours de ses voyages de prospection.
Las ! malgré dix ans de pratique et deux diplômes universitaires en neuropsychologie, Marie-Hélène n'a pas été admise à l'ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, condition indispensable pour exercer sa profession. "On m'a expliqué que je devais retourner à l'université au Québec ou changer de métier !" Refusant cette perspective, elle n'a déniché qu'un emploi de "thérapeute du langage" - au-dessous de ses compétences et mal payé.

Les conditions d'admission aux 45 ordres professionnels et aux 34 métiers réglementés, voilà le sujet qui fâche les immigrants français au Québec. Ils sont environ 3 500 à tenter leur chance chaque année dans la province francophone, et beaucoup ne peuvent y pratiquer leur métier. Les choses devraient toutefois changer bientôt.

Un dossier vital pour le Québec

Le 17 octobre, le Premier ministre du Québec, Jean Charest, et le président Sarkozy devraient signer, en marge du XIIe Sommet de la francophonie, à Québec, une entente sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Ainsi, à terme, un médecin, un comptable ou un charpentier ayant le droit de pratique en France pourront exercer leur métier au Québec et vice versa (voir l'encadré). Les législations québécoise et française seront adaptées en conséquence.
Pour le Québec, ce dossier est vital. En raison du vieillissement de sa population, la province est confrontée à une pénurie de main-d'oeuvre et mise sur l'immigration. Pour la France aussi, l'enjeu est important - pour aider ses ressortissants au Québec (qui seraient près de 100 000) et pour favoriser la mobilité professionnelle, l'Hexagone étant le deuxième investisseur étranger dans la Belle Province (après les Etats-Unis). A l'origine de l'initiative, Jean Charest a dû vaincre les réticences des ordres professionnels québécois, souvent jugés protectionnistes. Sur les quelque 4 000 immigrants (dont 800 Français) qui demandent chaque année un permis d'exercice, seul un tiers est admis directement. Les autres se voient prescrire une formation complémentaire (50 %) ou sont refusés (16 %).

Les premiers bénéficiaires


Une vingtaine d'ordres professionnels et de corps de métiers signeront le 17 octobre une "déclaration d'engagement", prélude à de futurs "arrangements de reconnaissance mutuelle".

Professions

Architecte, assistant social, avocat, expert-comptable, géomètre expert, dentiste, ingénieur, médecin, pharmacien, sage-femme, vétérinaire.

Métiers
Carreleur, conducteur d'engins de chantier, peintre, maçon, technicien constructeur de bois, métallier, technicien de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques, mécanicien de transport par câble et de remontées mécaniques.
Pression politique oblige, les ordres professionnels et les corps de métiers ont été forcés de coopérer. Chacun a contacté son homologue français pour comparer les conditions d'exercice. Et vérifier si celles-ci sont équivalentes, incompatibles ou nécessitent une mesure de compensation - un "stage d'adaptation", par exemple.
L'entente France-Québec doit en principe couvrir, d'ici au 31 décembre 2010, tous les métiers et professions réglementés. Mais une partie d'entre eux ont été classés "prioritaires" - surtout dans le secteur de la santé, où la pénurie est criante. Médecins, pharmaciens et physiothérapeutes, notamment, devront conclure des "arrangements de reconnaissance mutuelle" avant la fin de 2009. Pour certains, cela se fera dès les prochaines semaines.
Cette harmonisation pourrait être ensuite élargie au reste de l'Europe et du Canada. Et même, pour les plus optimistes à Ottawa, servir de socle à un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada.

 

© GRÉGOIRE ISABELLE / L'Express, tous droits réservés / 14/10/2008

 


 

 

 

Article reproduit par courtoisie de L'Express, pour vous abonner, consultez www.abo.lexpress.fr ou www.todalaprensa.com.mx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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