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BNP Paribas ou le charme de la prudence

BNP Paribas ou le charme de la prudence Web Part Menu

 

 

 

BNP Paribas présente une singularité dans le paysage bancaire : elle n'a pas engouffré des milliards dans la crise des subprimes en 2007, n'a pas été victime de traders jouant à la roulette avec son argent et ne s'est pas lancée dans une fusion coûteuse.

La plus grande banque française fait à ce point figure d'exception que les marchés ont même commencé par saluer avec enthousiasme, mercredi 20 février, la simple confirmation que ses pertes dues à la crise n'ont atteint " que " 900 millions d'euros. Cette exposition limitée explique qu'elle ait pu annoncer un bénéfice net au dernier trimestre 2007 - un peu plus d'1 milliard d'euros - quand tant d'autres ont sombré dans les pertes massives.

Ce conservatisme prudent semble redonner du lustre à la banque de papa. Là où les autres font retraite, BNP Paribas parle de croissance. Baudouin Prot, son directeur général, envisage des acquisitions en Italie, laisse entendre qu'il pourrait s'intéresser aux réseaux vendus par HSBC en France, et veut doubler en trois ans sa présence dans les pays émergents.

Mais où est donc passée, dans cette stratégie, la Société générale ? M. Prot, maniant l'euphémisme, dit que le problème de cette acquisition éventuelle est " complexe ". Une opération hostile serait coûteuse, à un moment où l'action BNP Paribas se traite toujours avec une décote de l'ordre de 15 % par rapport à celle de la Générale. Et vu l'incertitude sur l'état réel des bilans bancaires, un acheteur préférerait être le bienvenu - ne serait-ce que pour pouvoir examiner les comptes. Mais la Générale a clairement manifesté son opposition à une fusion, même amicale.

BNP Paribas profite de la publication de ses résultats pour vanter sa culture du risque, qui serait plus responsable que celle de sa rivale. C'est peut-être cette approche précautionneuse qui dissuadera finalement la banque de se lancer à l'assaut de son concurrent.


 Pierre Briançon, © 22.02.2008, Le Monde, tous droits réservés
 


Article reproduit par courtoisie de Le Monde, pour vous abonner consultez www.lemonde.fr/abojournal/ ou www.todalaprensa.com.mx