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<A la barbe des mastodontes américains et des grands groupes traditionnels, les champions de l'e-commerce hexagonal sont des patrons jeunes, innovants, et surtout malins. Chacun sa recette.
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Cheveux longs, semblant de barbe, Jacques-Antoine Granjon, avec son jean artistiquement usé et son blouson vintage de cuir marron, cultive un look de rocker rebelle. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : l'homme roule en Bentley et accumule une collection d'art contemporain digne de la Fiac. Car le flamboyant PDG de Vente-privée, com, grouillot de la fringue dans les années 1990, est, à 46 ans, un prince du Web multimillionnaire._Jag, comme le surnomment ses collaborateurs, incarne le florissant e-commerce français : les ventes y ont grimpé de 30% au premier semestre, contre 0,5% dans le commerce classique. Le nombre d'e-clients - déjà 21 millions - augmente chaque jour, ils achètent plus souvent et dépensent davantage. Le cybercommerce hexagonal devrait passer la barre des 20 milliards d'euros cette année, grâce à des noms qui sont déjà des marques comme Vente-privée, Pixmania, Rue du Commerce ou encore PriceMinister. Tous font figure d'exception dans l'Europe de l'ecommerce. Ailleurs, les américains Amazon et eBay dominent, ou les grands groupes traditionnels se sont taillé la part belle. «Les géants américains ont mis du temps à comprendre ce petit pays compliqué, sourit François Momboisse, président de la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Et les grands distributeurs nationaux ont aussi été frileux ou maladroits sur la Toile.»
© MACKE GAËLLE / Challenges, tous droits réservés / 25/09/08
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