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Architectes et promoteurs se sont donnés rendez-vous à Grenoble pour la Biennale de l'habitat durable, qui séduit de plus en plus de Français. |

Pour un peu, cela tiendrait du défilé de prêt-à-porter. Avec, au premier rang, des adeptes du chanvre, des inconditionnels du lin, des amateurs de laine de coton - voire de mouton. Pourtant, ces experts immobiliers ou bâtisseurs « à la petite semaine » d'un chez-soi à ossature bois, ces architectes ou promoteurs ont d'autres sujets d'intérêt que la mode. La seule « tendance » qui vaut à leurs yeux tient au dernier cri du prêt-à-construire. Ils se sont donc donné rendez-vous cette semaine à Grenoble (Isère) pour la Biennale de l'habitat durable (22 mai-20 juin).
Tous défendent un habitat écologiquement fiable, en rupture avec les logements-passoires thermiques qui grèvent les budgets et contribuent à l'effet de serre. A Grenoble, ces logements représentent 65 % de la consommation énergétique, alors que la moyenne nationale est de 42 %. L'agglomération s'est engagée à réduire de 25 % d'ici à 2020 ses émissions de CO2. Le particulier, locataire ou copropriétaire, y est invité à faire des efforts. Car, à titre d'exemple, le chauffage est à lui seul coupable de 72 % des émissions de dioxyde de carbone. Les éliminer sans subir de déperdition de chaleur, c'est accéder à l'univers, encore en devenir, des « bepos ». Derrière cette appellation se cachent ces bâtiments à énergie positive produisant plus d'énergie qu'ils n'en dépensent. Mais aussi la maison dite « passive », déjà accessible ici et là. Celle où l'isolant en chanvre le dispute à la plume de canard, voire à la paille. Où les toitures végétalisées cohabitent avec la ventilation double flux et les capteurs solaires. A l'image de l'écoquartier grenoblois en voie de finition aujourd'hui, et dont les premiers occupants de la ZAC de Bonne devraient prendre possession des premiers logements écocompatibles d'ici à la fin de l'année. Au moment même où Maison Phénix commercialisera à grande échelle, sur catalogue, ses « bonnes maisons ».
Un 140-mètres carrés monté en cinq mois
Face aux massifs du Champsaur et du Dévoluy, la maison en « T » de l'architecte isérois Jean-Luc Moulin n'en est plus à s'accommoder de la plante araignée - le chlorophytum - qui absorbe le monoxyde de carbone des gazinières. Avec ses murs « perspirants » (perméables à la vapeur d'eau mais étanches à l'air), son ossature bois en pin Douglas et mélèze, son 140-mètres carrés s'est monté en cinq mois, avec un minimum de terrassement - « J'ai tout de même mis un an à convaincre l'artisan du coin d'utiliser de la ouate de cellulose », s'amuse l'intéressé, trop heureux d'avoir vu chuter sa consommation d'électricité. « On peut faire encore beaucoup, notamment pour des logements collectifs ou en ville », fait valoir Moulin, conscient qu'il y a quatre ans certains confrères riaient sous cape de son projet. Aujourd'hui, l'opinion semble s'être rangée à son avis. Selon l'enquête d'EDF consacrée au « Bien-être dans l'habitat », 68 % des Français jugent leur logement perfectible.
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Les écoquartiers ont la cote Inspirés des opérations pilotes menées à Fribourg (Allemagne) ou au sein de l'îlot résidentiel de BedZED, à côté de Londres, les projets d'écoquartier fleurissent à Douai, à Narbonne ou à Lille. Portée par un élan associatif parfois contesté, l'EcoZAC de la place de Rungis, dans le XIIIe arrondissement de Paris, mise sur les circulations douces et le solaire pour ramener à 50 kilowattheures par mètre carré et par an les consommations du site. Qu'en sera-t-il réellement en 2011, lors de la livraison de l'opération ?
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AFP - Fred Dufour
Richard de Vendeuil © 22.05.2008
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