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France Télécom sauvé par le téléphone mobile et l'international.
En quelques années, France Télécom a radicalement changé de visage. Pour la première fois de son histoire, l’opérateur historique a réalisé en 2006 plus de la moitié (53% exactement) des 41,2 milliards de chiffre d’affaires grand public (avec l’activité entreprises, le chiffre d’affaires total s’établit à 51,7 milliards d’euros) dans la téléphonie mobile. En 2002, la part n’était que de 38%. Surtout, la voix fixe traditionnelle qui représentait encore 53% du chiffre d’affaires en 2002 s’est effondrée à 26% du total en 2006. Le chiffre d’affaires de l’Internet est passé en cinq exercices de 4% à 12% et les nouveaux services (messagerie instantanée, télévision sur Internet, santé…) sont passés de 5% à 9%.

Mardi 6 mars, l’opérateur historique a publié un résultat net de 4,1milliards d’euros, contre 5,7 milliards en 2005. Cette baisse de 27,3% s’explique par des dépréciations d’actifs de 2,8milliardsd’euros, dont 2,35 milliards pour les seules activités britanniques où la concurrence est très vive. “Ces 2,8 milliards sont à relativiser par rapport aux 30 milliards de dépréciations réalisées par Vodafone”, souligne toutefois Gervais Pellissier, le directeur financier du groupe. Le résultat net reste stable à base comparable.

La marge brute opérationnelle a diminué de 1,4 point, à 18,5 milliards d’euros, dans la fourchette de baisse prévue (de 1à 2 points de marge) et devrait rester identique en 2007. Enfin l’endettement n’est plus “que” de 42 milliards – il atteignait 68 milliards en 2002 – grâce notamment à la cession de Pages Jaunes qui a rapporté à l’opérateur 3,3 milliards.

Dans un environnement européen extrêmement concurrentiel, France Télécom a donc sauvé son année 2006 grâce à la téléphonie mobile et aux pays émergents et d’Europe de l’Est. La Pologne a connu une croissance de plus de 17% avec 2,6 millions de clients supplémentaires, après une augmentation de 2,5 millions en 2005. Dans les pays émergents, Orange a augmenté le nombre de ses abonnés de près de 30% : la croissance a été particulièrement forte en Egypte, en Roumanie, au Sénégal et en Jordanie.

FAIRE DES CESSIONS
A l’international, France Télécom souhaite continuer sa politique d’acquisition dans les pays d’Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie. Mais il a aussi décidé, comme l’a fait Vodafone, de faire des cessions. “Nous nous désengagerons des pays où la croissance est limitée et où notre politique de convergence est difficile à mettre en oeuvre”, indique M. Pellissier. Des rumeurs ont fait état d’une possible cession des activités mobiles néerlandaises. Aux Pays-Bas, Orange détient 12,1% du marché loin derrière Vodafone (22,9%) et KPN (50,1%). En France, en revanche, il vaut mieux parler de résistance : le chiffre d’affaires Orange n’a progressé que de 1%. Malgré le recrutement de 2,5 millions d’abonnés au haut débit
mobile (3G), la facture moyenne par abonné continue de décroître. Finalement, les clients ne se sont pas rués sur les nouveaux services (vidéo, Internet). La réduction des tarifs d’interconnexion (acheminement des communications entre les opérateurs) a aussi pesé sur le chiffre d’affaires. Selon France Télécom, le manque à gagner a représenté 600millions d’euros en 2006.

Du côté de la téléphonie fixe, France Télécom estime avoir limité la casse avec une baisse de son chiffre d’affaires de 1%. “C’est mieux que nos concurrents européens”, se félicite M. Pellissier. Il est vrai que France Télécom a souffert plus tôt sur son territoire que ses homologues, notamment Deutsche Telekom. L’explosion des produits offrant la téléphonie illimitée en France et à l’international par les opérateurs alternatifs (Free, Neuf Cegetel…) a fait perdre 1,46 million de clients à France Télécom en 2006, et au total 2,1 millions depuis que le dégroupage total (la possibilité de ne plus être abonné à France Télécom) existe. “Nous ne constatons pas une érosion massive de nos abonnés. Ceux qui partent aujourd’hui étaient déjà en dégroupage partiel [ils ne payaient plus que l’abonnement mensuel] et étaient déjà commercialement perdus pour nous”, affirme M.Pellissier. “Les revenus tirés de l’Internet compensent la perte de revenus liés à la voix classique”, assure-t-il. L’opérateur détient désormais 49% du marché de l’Internet haut débit et compte bien sûr son offre d’accès “ADSL nu” (c’est-à-dire sans avoir à payer l’abonnement mensuel de 15 euros) pour éviter que ses clients partent à la concurrence.

Nathalie Brafman © 2007 Le monde, tous droits réservés.



Article reproduit par courtoisie de Le Monde,  pour vous abonner consultez www.lemonde.fr/abojournal/ou www.todalaprensa.com.mx.