Skip to main content

Les Affaires au Mexique

Go Search
Home
Revue Imprimée
  

Echos de France > Les Affaires au Mexique

 Mexique: le défi d'être entrepreneur

 

 

 

 

 

MEXIQUE:  

              le défi d'être       entrepreneur

 

 

« Nous voulons que tu nous expliques quelque chose…pourquoi il n'y a pas d'entrepreneurs içi ? Pourquoi au Brésil, en Argentine c'est toute une révolution ? » Avant de pouvoir dire quelque chose, Linda Rottenberg, s'est trouvée dans une salle en face de Lorenzo Zambrano, Pedro Aspe, Emilio Azcárraga et d'autres grands entrepreneurs mexicains.

C'était en 2001 et la première fois que la cofondatrice et CEO de Endeavor, organisme qui aide et identifie les entrepreneurs de poids dans les économies émergentes, visitait le pays pour se réunir avec les conseillers de son siège récemment crée au Mexique.

Rottenberg raconte qu'elle a répondu : « Messieurs, si vous me le permettez, ceux qui sont assis à cette table sont les gros poissons et les entrepreneurs sont de petits poissons. Ce qui se passe dans des pays comme le Mexique est que le gros poisson mange le petit ». 

 

 NOTIMEX / NOTIMEX / DENIA CALLAHAN

USA, New York: le président et directeur général de Cemex, la multinationale mexicaine du ciment, Lorenzo Zambrano.

               

 

 

  

 

Ce n'est un secret pour personne qu'entreprendre au Mexique est compliqué. Selon l'Organisation pour la  Coopération et le Développement Économique (OCDE), il existe trois barrières principales pour l'établissement de nouvelles affaires dans le pays : les monopoles publics, les monopoles privés et l'accès au financement.

Le manque d'ouverture pour concurrencer est l'une des grandes barrières qu'affrontent les entrepreneurs. « Parmi les 72 branches que compte l'économie mexicaine, on compte sur les doigts d'une main ceux qui disposent d'une concurrence effective et d'un accès au marché », signale Ernesto Cervera, directeur général du Groupe des Économistes et Associés (GEA).

Les obstacles dépendent aussi de l'organisation économique d'un pays. Robert E. Litan, l'ancien tsar antimonopoles des Etats-Unis et, à présent, en charge d'un centre d'investigations pour entrepreneurs, la Kauffman Fondation, signale que le Mexique dispose d'une économie qui combine un capitalisme guidé par l'État avec un capitalisme oligarchique.

Les conséquences sont une distribution inéquitable du revenu (et des opportunités), un niveau élevé d'économie informelle et une corruption qui éloignent l'entreprise d'activités productives et imposent des charges élevées aux investissements étrangers.

« Si une économie veut croître rapidement elle doit chercher le capitalisme entreprenant », dit Litan à Expansión. Mais, quels pas doit suivre le Mexique pour changer cette situation ?

Entrepreneurs ou négociants
Cette année, le Mexique a perdu trois positions, de la 41e à la 44e place parmi les 178 économies évaluées dans le classement annuel de Doing Business, élaboré par la Banque Mondiale. Le Mexique est dépassé par le Japon et le Chili, mais il est surprenant qu'une place auparavant, à la 43ème position, se trouve la Namibie. L'Argentine, la Chine et l'Inde se maintiennent en dessous. En d'autres mots, le Mexique est devenu un pays encore plus compliqué pour faire des affaires.

Une autre difficulté repose sur le fait que, alors que dans d'autres économies les entrepreneurs sont des hommes de 18 à 34 ans d'âge, au Mexique la proportion d'hommes et de femmes qui entreprennent des affaires est quasiment égale, mais les âges se situent en deux groupes, de 18 à 34 ans et de 45 à 68 ans, selon le plus récent rapport du Global Entrepreneurship Monitor (GEM).

Et ce n'est pas forfuit. « Cette différence est due à la situation économique des dernières décennies », explique Marcia Campos, directrice du Centre de Développement Régional et National (Cedereana) du EGADE-ITESM, à Monterrey.

Les personnes entre 45 et 64 ans cherchent à ouvrir des négoces parce qu'elles ne trouvent pas d'emploi, que ce soit pour la maigre offre d'emploi (en postes et revenus) ou parce que les entreprises ne recrutent pas les personnes de plus de 40 ans, explique Campos.

Les négoces féminins ont également des causes économiques, « pour l'incidence élevée de femmes chefs de maison et parce que cela leur permet de combiner leurs occupations à la maison et offrir quelque chose au marché », ajoute la directrice.

Mais ouvrir une « petite affaire » n'est pas synonyme d'être un entrepreneur. Selon Campos, ouvrir seulement des négoces comporte le risque de se mettre « dans des activités qui ne sont pas productives, ne génèrent pas de valeur ajoutée, leur temps de survivance est court et avec un coût financier élevé ».

La différence entre « négocier » et entreprendre est « dans le terme de responsabilité sociale que ceci implique, mais généralement nous ne voulons pas le dire », ajoute Cervera.

Pour qu'un entrepreneur ait un impact sur l'économie il doit créer une entreprise qui répercute dans la multiplication de l'emploi et offre des produits ou des services innovants.

Idéalement, signale le rapport du Global Entrepreneurship Monitor 2007, les entrepreneurs mexicains doivent  poser leur modèle de négoces avec une vision qui les conduit à être en concurrence dans les marchés internationaux.

En général, explique Marcia Campos, l'entrepreneur mexicain n'apporte pas de valeur ajoutée, en raison des barrières qu'il doit affronter. « Des impôts comme l'IETU découragent la création de nouvelles entreprises ».

Ernesto Cervera est d'accord : le cadre juridique mexicain n'aide pas. A l'intérieur du concept économique de « à celui qui incombe » (celui qui est déjà consolidé) et de « l'entrant », « le système opère quasiment toujours en faveur de celui à qui incombe et « l'entrant » connaît les pertes », affirme-t-il.

Ceci se combine avec l'absence de ce que Cervera appelle « le capital humain intégral », c'est à dire, pas seulement les connaissances éducatives, mais aussi les valeurs qui s'acquièrent durant le processus. Le système éducatif donne peu d'importance à l'économie depuis les niveaux basiques et à la valorisation des carrières techniques et professionnelles.

« 94% de la population ne distingue pas la Banque du Mexique d'une banque privée, nous n'avons pas d'idées des notions les plus élémentaires ».

Et c'est que la conception de l'éducation est dissociée des objectifs d'emplois du pays. « Nous sommes un pays de l' OCDE avec deux ministères, celui de l'Éducation et celui du Travail aux politiques totalement différentes, ce qui n'existe pas dans le reste des économies de l'OCDE », ajoute Cervera.

En moins d'une décennie, divers réseaux d'incubateurs et d'accélérateurs de négoces se sont multipliés dans le pays
réalisant du bon travail, mais insuffisants. Campos et Cervera s'accordent pour que le changement nécessaire s'opère dès l'école primaire et s'achève par une simplification de la papasserie, à travers une vision intégrale qui cessera de faire du gouvernement « un complice » du peu d'accès au marché.

Le Mexique dispose maintenant des éléments pour la stabilité économique…Maintenant que tu l'as acquise, tu dois changer ces conditions vers la productivité », commente Ernesto Cervera.

Mais, comme souligne Robert Litan, de la Kauffman Fondation pour faire une transition d'un système oligarchique vers un « bon capitalisme » des politiques publiques qui favorisent  l'esprit d'entreprise sont nécessaires avec des changements légaux, institutionnels et des impôts.

L'objectif final est d'arriver à ce que l'entrée et la sortie du marché soient simples, assurer la concurrence et décourager la corruption. Si un pays se soucie des oligopoles, signale Linda Rottenberg, d'Endeavor, « les entrepreneurs sont la réponse, ils peuvent aider avec ça, car ils rendent le marché beaucoup plus compétitif. C'est le cas de Amazon, qui a transformé l'industrie éditoriale ».

Pour créer une économie  au Mexique Litan recommande de faciliter l'ouverture de nouveaux négoces ; récompenser la croissance ; et créer des lois antimonopoles et encourager le commerce international. « Le Mexique dispose du TLCAN, ce qui oblige beaucoup de compagnies à être en concurrence dans la scène mondiale, et cela fait la compétitivité », dit Litan.

En effet, signale Marcia Campos, l'activité économique dans quelques états qui disposent de chaque fois plus une meilleure relation avec les marchés internationaux génère « de plus grandes opportunités  pour être des fournisseurs de ces entreprises transnationales et, en même temps, la nécessité de développer une base de ressources humaines mieux préparées », dit-elle.

Mais Linda Rottenberg signale aussi qu'il y a quelque chose qui a changé : « Les hommes comme Azcárraga, Zambrano, Toni Slim, Marcvos Achar, Carlos Fernandez ou Pedro Aspe, savent que pour faire croître ce pays ils ne sont pas suffisants, ils doivent construire une grande classe moyenne et que les entrepreneurs disposent du potentiel pour bénéficier à l'économie ».

 

© REGINA REYES-HEROLES C. / Expansión, tous droits réservés /  21/07/2008

 

 Article reproduit par courtoisie de Expansión, pour vous abonner consultez www.cnnexpansión.com ou www.todalaprensa.com.mx

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 Les archives

Micro monde du futur
Avril 2007
Querétaro : terrain de jeu
Juillet 2007
Ce qui compte, c'est le détail
Août 2007
Gonzalo Alonso, responsable de Google pour l'Amérique Latine
Septembre 2007
bébés écolos
Décembre 2007
La coccinelle trop polluante est menacée
Janvier 2008
La plage, rien que la plage - Interview de Julie Riotte
Fevrier 2008
Un Nobel Vert pour Jesus - CFMCI: Nouveau Conseil d'Administration
Les cactus mexicains sont menacés par la concurrence chinoise
août 2008
Ils avancent...le pied sur le frein
octobre 2008
 
 


 Nos Annonceurs