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Les Affaires au Mexique

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ILS AVANCENT...

                                                le pied sur le frein

 

 

Les États et le D.F s'efforcent de devenir compétitifs,mais ils accusent encore de nombreux retards.

 

 

Si on vous parlait d'un état considéré comme le plus corrompu, dont le gouvernement est inefficace, qui ne respecte pas l'État de droit, que sa population n'est pas préparée pour affronter les défis du développement, qu'il n'y a pas de facteurs productifs efficaces ni l'infrastructure minimale requise pour le commerce, vous y investiriez ?

La réponse est évidente. De ces variables dépend la capacité des 31 États et du District Fédéral d'attirer et de retenir les investissements. Et dans l'ensemble, le résultat n'est pas très prometteur.« Le Mexique avance, mais de manière beaucoup trop lente », commente Rodrigo Gallegos, directeur des recherches à l'Instituto Mexicano para la Competitividad (Imco) qui, avec la Escuela de Graduados en Administracion Publica (EAP) du Tecnologico de Monterrey, élaborent régulièrement l'Indice de Compétitivité des États. Le Mexique se situe à la 31ème position au classement de la compétitivité internationale et à la vitesse à laquelle il avance il pourrait égaler seulement la Thaïlande, en 30ème position, et sous réserve que ce pais asiatique n'enregistre aucune amélioration dans l'absolu. « Le rythme auquel il avance est insuffisant, il est urgent de plus se préoccuper du thème de la compétitivité », commente Gallegos. En tant que conglomérat d'états, le pays avance très peu, principalement en ce qui concerne les variables institutionnelles, que ce soit les facteurs de gouvernement, du droit et du système politique, ainsi que les facteurs nécessaires pour favoriser le développement, comme les infrastructures, les télécommunications et les services financiers. Le Mexique se distingue pour son insertion dans l'économie globale. Ceci veut dire que, globalement, il y a une croissance importante du commerce international, mais aussi d'autres flux vers et depuis l'étranger. En général, il y a des facteurs positifs, mais la protection de l'environnement en constitue l'exception, c'est l'un des thèmes en suspend du programme de la compétitivité dans le pays. 

 

Les états en tête

Les entités les plus compétitives ont en commun une plus grande insertion dans l 'économie globale ainsi que de meilleures infrastructures, en termes de voies de communication, télécommunications et pénétration bancaire. Ils disposent également de secteurs économiques plus sophistiqués, concentrent la majorité de l'innovation et des entreprises d'envergure mondiale. Ces états se distinguent également par une population mieux préparée.

Le District Fédéral obtient la première place du dernier indice de compétitivité nationale, lequel a été élaboré à partir de données de 2006. L'entité se distingue sur quatre facteurs et dans quatre autres elle se situe entre la seconde et la quatrième place. Ce qui n'est pas étonnant. Sa population active est la mieux préparée. Elle fut l'économie la plus stable parmi les états, en raison de la croissance constante de son PIB entre 2003 et 2006. Selon l'Imco, les habitants de la capitale sont 34% plus riches que la moyenne des habitants de Nuevo Leon et de Baja California, les deux états suivants au classement.

Et comment pourrait-il en être autrement ? Le DF concentre les secteurs qui favorisent l'investissement, en regroupant une grande partie des infrastructures des télécommunications, de transport et d'accès au financement, éléments clés dans la croissance et le développement d'une région. Toutefois, selon le rapport de l'Imco, il recule en matière de facteurs institutionnels. Son organisation juridique obtient la 21ème position, chutant ainsi de huit places.

Malgré une amélioration au niveau de l'indice élaboré par Transparencia Mexicana, le DF est considéré comme la 2nde administration la plus corrompue du pays, dépassée seulement par l'État de Mexico. Elle est également descendue de huit positions en matière de gestion durable de l'environnement, en se situant au 18ème rang parmi tous les états.

La déforestation, l'augmentation de la pollution et la diminution des sources d'énergies non contaminantes sont ses thèmes en suspend. Ceci dit, son gain de positions au niveau du facteur d'évaluation de son gouvernement, progressant de 14 positions pour se situer en 4ème place. Une plus grande transparence de l'information en fut la clé, obtenant la 8ème position, après avoir obtenu la pire qualification en 2003.

Mais le Nuevo Leon, qui garde sa deuxième position, est en train de réduire la brèche historique avec le DF. « Ce ne serait pas surprenant que le Nuevo Leon devienne bientôt l'état le plus compétitif du pays », dit Gallegos. Il explique que la différence historique dans les secteurs précurseurs au niveau mondial, qui reposent  sur le capital humain et les secteurs économiques les plus sophistiqués est due à la concentration qui existe aujourd'hui dans le District Fédéral, mais si on prend en considération d'autres variables le Nuevo Leon devance.

Pour la première fois, un état qui n'est pas le DF a réussi à se placer en première position concernant l'efficacité du gouvernement et de son organisation juridique, indicateurs qui en disent le plus sur la gestion des institutions.

Une surprise fut l'avancée du Nayarit. L'état a gagné huit positions par rapport à 2003 - la meilleure progression parmi tous les états - pour se situer à la 13ème place. L'essor touristique et les améliorations de son système politique et juridique ont fait bondir cet état.

Le Nayarit a obtenu une amélioration notable dans les indicateurs relatifs à l'application de la justice : il a obtenu les meilleures appréciations s'agissant de l'impartialité des juges, il a réduit le nombre de délits et a amélioré l'exécution des condamnations commerciales.

« Au Nayarit il n'existe pas de conflits sociaux ni syndicaux, ça fait plus de dix ans qu'il n'y a pas eu de grèves, il n'y a pas de braquages de banques », assure Alonso Villasenor, secrétaire du Développement Economique de l'état.

Ce qui saute aux yeux dans ce classement est la grande différence qui existe entre le DF et l'État de Mexico, bien qu'ils soient voisins. Dans le DF, on produit le double de richesse que dans l'État de Mexico et avec seulement la moitié de la population.

L'État de Mexico a perdu trois places par rapport à l'indice de 2003 en se situant à la 25ème position. La chute, selon l'Imco s'explique par son recul dans six des 10 facteurs de la compétitivité, principalement le système politique, la stabilité économique, les facteurs productifs, l'efficacité gouvernementale et la gestion de l'environnement.

L'entité assume le poids de tenir la pire perception s'agissant de la corruption, le plus grand nombre de travailleurs non déclarés et un des taux de participation citoyenne lors des élections  les plus bas. Mais le gouvernement de cet état dispose d'un plan pour combattre les retards.

« En 2006, dans l'indice de compétitivité, l'État de Mexico se positionne à la 22ème place, ce qui montre avec évidence que les ressources du gouvernement local devraient se diriger vers la création d'infrastructures pour assurer une meilleure connexion de l'état et faciliter le mouvement des personnes et des marchandises », dit Enrique Jacob, secrétaire du Développement Economique de l'entité.

 

L'autre face de la monnaie

L'un des moins bien évalués fut le Tlaxcala, qui occupe l'avant-dernier rang. Il a enregistré une baisse importante en perdant six rangs dans l'indice et cela est dû, principalement, à la détérioration de sa stabilité politique et économique.

Après les élections, l'état affiche l'un des congres locaux les plus divisés du pays. On ne peut pas faire grand chose avec un législatif où il existe beaucoup trop de partis et qui ne dispose pas d'une majorité.

 

 

                                AFP - photononstop                   

                          La Bourse mexicaine à Mexico

Le Tlaxcala a également fortement chuté au niveau de l'économie, en raison d'une importante fuite de l'investissement étranger. « Pratiquement tous les investissements de l'État ont disparu », commente Rodrigo Gallegos. Le Tlaxcala se situe en dernière position en matière de  stabilité de l'économie, chutant de 10 places.

En plus de ce recul, il affiche des retards dans divers facteurs : télécommunications, infrastructures et pénétration du secteur bancaire. 52% de sa population travaille de façon informelle.

L'état d'Oaxaca, de son côté, a une histoire différente. Bien qu'il occupe la dernière position dans le classement, l'état a bénéficié de diverses améliorations. Après le Nayarit, ce fut l'une des entités qui a obtenu la plus grosse croissance intrinsèque, selon l'Imco. Le problème réside en ce que la brèche qui sépare l'état d'Oaxaca du reste des autres états est très importante, puisqu'il occupe le dernier rang dans 7 des 10 facteurs de l'indice.

L'état a vu ses investissements étrangers augmenter, malgré la paralysie de sa capitale durant six mois suite au soulèvement de l'Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca (Appo), les ressources étant dirigées principalement vers la côte, à Huatulco et Puerto Escondido. D'un autre coté, il mise sur le développement des infrastructures du port de Salina Cruz et de l'autoroute qui unira cette destination avec la ville d'Oaxaca.

Toutefois, ses retards en matière de compétitivité sont préoccupants. L'état occupe le dernier rang en matière d'efficacité gouvernementale, de capital humain (en raison des faibles niveaux de scolarisation et de formation professionnelle), de facteurs productifs et au niveau des liens à l'international.

Comment peut-on améliorer ? Il y a des états qui prennent avec sérieux le programme de la compétitivité. Le Jalisco a créé une alliance entre entrepreneurs, universitaires et la société civile, où sont évalués les projets et affectés les ressources. L'initiative est autonome, ce qui garantit sa continuité.

Le Sinaloa est un autre cas intéressant, où le gouvernement a fait appel à des entrepreneurs locaux reconnus pour qu'ils mènent des travaux de promotion économique et de recherche d'investissements, dans le cadre du plan Sinaloa 13. Chaque entrepreneur prend en main un projet, décide des actions à suivre et les fonctionnaires publics deviennent son lien avec le gouvernement. De cette manière, ils assurent la continuité du processus. Ceci est un exemple pour des états comme le Morelos, le Guerrero et le Coahuila, qui accusent les retards les plus significatifs.

Les états savent que les facteurs institutionnels et économiques, ajoutés à la productivité et au capital humain, sont la clef pour attirer les investissements de long terme et le bien-être. Ce sont les critères retenus par les entreprises pour investir. La concurrence a déjà commencé et quelques-uns ont déjà pris de l'avance.

 

                                                                                                                                    AFP - Walter Bibikow

                                                                                                                           La cathédrale de Guadalajara


 



 

  

   

Gonzalo Aránguiz © 15..09.2008
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 Article reproduit par courtoisie de Expansión, pour vous abonner consultez www.cnnexpansión.com ou www.todalaprensa.com.mx