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La plage, rien que la plage - Interview de Julie Riotte

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Dans les guides touristiques, il est fréquent que la couverture du tome consacré au Mexique soit la photographie d'une belle plage ensoleillée. Même si l'on pourrait critiquer les éditeurs sur le fait qu'ils ignorent les autres aspects de la culture et de l'histoire mexicaines, la réalité est que peu de mexicains prendraient la peine d'écrire une lettre de protestation.

Parce que c'est évident; le pays aztèque a la chance de posséder de nombreuses et magnifiques destinations ensoleillées, tant sur la côte du Golfe du Mexique (Cancún et Cozumel à Quintana Roo, Progreso à Yucatán) que sur le littoral de l'Océan Pacifique (Hutaulco à Oaxaca, Puerto Vallarta à Jalisco, Cabo San Lucas à Baja California). Ces destinations ont converti l'activité touristique en un pilier de l'économie, représentant 8% du Produit Intérieur Brut du pays.

Les chiffres du Ministère du Tourisme (SECTUR) confirment l'importance et la croissance du secteur touristique ces dernières années. Entre Janvier et Octobre 2007, 17,5 millions de touristes étrangers ont visité le pays, dépensant en moyenne 755 dollars (soit 6,7% de plus qu'à la même période l'année précédente) ce qui engendra une recette de 10.520 millions de dollars (une augmentation de 7,3%).

Appartenant aux secteurs économiques en croissance, l'investissement privé dans cette industrie n'a cessé de croître. Selon la SECTUR, ce secteur a accumulé un investissement privé de 3.463 millions de dollars en fin d'année dernière soit une croissance de 11,12% par rapport à 2006, 56,24% provenant de capitaux d'origine nationale et 43,76% d'origine étrangère (l'Espagne et les Etats-Unis étant les principaux pays investisseurs).

La majeure partie de ces investissements est destinée aux destinations de soleil et de plage : 60,8% (selon les données de la SECTUR), dominant largement les autres zones touristiques (30,2% Nord du pays; 4,3% Région Centre; 4,7% Monde Maya) qui paraissent souffrir d'un manque d'intérêt, même s'ils possèdent un fort potentiel touristique.  Et même si sur le sol mexicain, comme dans d'autres régions, on assure que “le soleil ne cesse jamais de briller”, certains considèrent que le trop grand intérêt porté aux plages de sable fin et à la chaleur pourrait à terme causer leur perte. ¨La concentration sur ce secteur, à moyen terme, pourrait causer un problème de compétitivité, explique Rodolfo Olmedo, analyste du secteur touristique et directeur général de Ecco Sports, une PME mexicaine qui promeut l'écotourisme. ¨L'absence d'autres produits touristiques ajoutée à l'abondance d'offres de destinations vers la plage, peut engendrer une guerre des prix qui se révèlerait très nocive¨ ajoute-il.

Nouveaux visiteurs 
 

La Ministre du Tourisme explique être consciente du risque, et affirme qu'elle travaille d'ores et déjà à la diversification du portefeuille touristique mexicain. Une stratégie qui, de plus, n'entre pas en contradiction avec la puissance actuelle du secteur. ¨Le  secteur du tourisme balnéaire au Mexique est très différent, car, dans la plupart des cas, il possède la valeur ajoutée de la nature et de la culture. Ce n'est pas uniquement du sable et de la mer¨ assure Francisco Madrid Flores, sous secrétaire de l'Opération touristique de la SECTUR. Le cas de Quintana Roo pourrait être un bon exemple, dit-il, région du Sud du Mexique qui offre sur une parcelle de quelques kilomètres, les plages de Cancún et les ruines archéologiques de Tulum, une des villes les plus importantes de l'ancien empire Maya.

La stratégie pour les régions situées à l'intérieur du Mexique (les états tels que Guanajuato, Aguascalientes, Durango, San Luis Potosí, villes sans plages mais avec des avantages culturels, écologiques et historiques), est lancée et bien appuyée par l'investissement gouvernemental de 150 millions de dollars, desquels 75% est dédié au tourisme culturel et écologique. La fédération et les gouvernements régionaux et municipaux sont intégrés dans le processus d'implantation et de récolte des ressources pour les projets touristiques. La première démarche est de réaliser les investissements nécessaires dans les infrastructures (voies de communication, services de santé, services urbains, commerces, etc) incitant ainsi les secteurs privés à investir grâce à des conditions de structures optimales pour leurs business. En effet, ¨sans investir dans les infrastructures, diversifier l'offre touristique peut se révéler difficile¨ explique Gene Towle, directeur associé de Softec, entreprise consultante spécialisée dans le secteur des biens et de l'hypothèque financière. ¨Nous recherchons des touristes différents et des retraités des Etats-unis qui achètent des propriétés à Guanajuato, mais il ne faut pas oublier qu'ils n'achèteront pas uniquement pour le caractère agréable de la ville mais aussi pour l'avantage d'un hôpital à proximité, de services de communication modernes, de routes.
 
Cependant, même avec ces investissements, la SECTUR ne peut espérer satisfaire ceux qui attendent un changement drastique dans le profil touristique du Mexique. Selon les attentes des entités gouvernementales, le marché touristique du secteur culturel/écologique a des caractéristiques très particulières: petits hôtels visant une clientèle spécifique (3 à 4 étoiles); un tourisme ciblé; des services très personnalisés, des investissements réalisés par des entrepreneurs locaux (qui pourraient signer des contrats avec des chaînes internationales), tant et si bien que les produits se vendraient probablement à l'extérieur du circuit commercial traditionnel des marchands et des agences de voyages.

¨La stratégie fédérale est basée sur la diversification des destinations, mais l'objectif est également de consolider ce qui existe, s'efforcer à progresser continuellement¨ conclut Madrid. Il ajoute que les autorités de promotion touristique pensent que ¨ce serait une erreur de laisser de côté le secteur du tourisme balnéaire, qui restera le plus important durant des années encore,¨ et qui ne cesserait que très peu de croître face à l'intérêt porté vers d'autres secteurs¨.

L'idée est que les guides touristiques sur le Mexique  ajoutent de nouveaux chapitres, destinés à des touristes qui voudraient découvrir l'aspect historique, une ville coloniale pleine de culture et d'anecdotes, une jungle dans laquelle avec un peu de chance et en respectant des distances de sécurité vous pourriez apercevoir un majestueux jaguar. Et cela même si vous continuerez de voir une famille etatsunienne se relaxant sur les plages de Cancún sur la couverture du guide.

America economia, 25-02-2008, Andrés Piedragil


Article reproduit par courtoisie de  América economía, pour vous abonner suscribase@americaeconomia.com
 

 

INTERVIEW - Julie Riotte, une jeune entrepreneuse à la tête de la CFMCI

Echos de France a le plaisir de vous présenter au travers de cette interview la nouvelle Directrice de la Chambre Franco Mexicaine de Commerce et d'Industrie (CFMCI).

Julie vous venez d'être nommée directrice de la Chambre de Commerce Franco Mexicaine, pouvez vous vous présenter à nos lecteurs?
Avec plaisir, je m'appelle Julie Riotte, je suis Française originaire de Lorraine. J'ai 30 ans, je suis arrivée au Mexique dans le cadre de mes études il y a 7 ans lorsque je réalisais mon Master franco mexicain d'affaires internationales à l'Institut Commercial de Nancy, après avoir fait une maîtrise de Droit Public et Européen dans les Universités de Nancy2, de Salamanque en Espagne et de Sarrbrück en Allemagne.
En arrivant au Mexique j'ai dirigé le Département International du Congrès Mondial des Ressources Humaines organisé par la Fédération Mexicaine des Ressources Humaines. Puis j'ai été responsable de la communication chez Alstom Mexique, pour enfin voler de mes propres ailes en créant ma société SOS Expat. Ces différentes expériences m'ont permis de bien m'intégrer au Mexique.

Pourquoi avoir postulé à ce poste de Directrice de la Chambre de Commerce Franco Mexicaine ?
Le côté associatif de la Chambre m'a attirée, et la Chambre m'a toujours soutenue dans mes diverses activités en tant qu'entrepreneur. Et puis, c'est une institution de renom avec un énorme potentiel de développement, que je compte bien dynamiser.

D'après vous pourquoi le Conseil d'Administration vous a-t-il choisi parmi tous les candidats ?
Il faudrait leur poser la question, mais je crois que mon profil franco-mexicain a séduit les membres du conseil, le fait d'être une jeune femme dynamique et entreprenante a dû aider également. Mon intégration dans le monde des affaires tant côté français que mexicain est certainement un plus important par rapport aux nouveaux projets de la Chambre. De plus j'ai toujours été proche de la Chambre et j'en connais bien le fonctionnement.

Quelles sont les activités de la Chambre ?
Le pôle commercial est l'activité principale de la chambre dont le rôle est d'aider, de conseiller, d'informer les entreprises françaises désireuses de vendre leurs produits ou services, de trouver des partenaires mexicains, de s'implanter sur le marché mexicain. Un autre pôle, celui de la communication, permet d'assurer le lien entre nos membres et la Chambre et de diffuser auprès d'eux le calendrier de nos activités. Puis le pôle Ressources Humaines avec notamment la bourse de travail et la formation.

Pouvez-vous nous dévoiler les projets à venir de la Chambre ?
Dans les nouveaux objectifs, le pôle commercial souhaite maintenant aider également les entreprises mexicaines voulant se développer en France. La France pouvant être une excellente plateforme pour attaquer les autres marchés européens grâce à la qualité de ses infrastructures, sa situation géographique, au cœur de l'Europe. De plus il faut que nous profitions plus et mieux de la bonne image de notre pays ici au Mexique. Pour notre département communication le challenge est d'attirer de nouveaux membres tant français que mexicains et dynamiser les activités proposées aux membres actuels. Nous avons également des projets dans le domaine de l'éducation qui prendront forme à la suite de l'expo Euro Posgrados ou la Chambre aura son stand du 8 et 9 Mars au World Trade Center de México.

Nous tenons à remercier la Chambre de nous avoir donné la primeur pour cet interview, mais quand serez vous officiellement présentée ?
Les institutions intéressées sont déjà au courant, et les membres ont également reçu un communiqué, mais la présentation officielle se fera au prochain Queso Pan y Vino du 12 mars.

Propos recueillis par Olivier Soumah-Mis, © 26.02.2008, Le Petit Journal, tous droits réservés

 Article reproduit par courtoisie de  Le Petit Journal, pour vous abonner, consultez www.lepetitjournalcom