
Une source d'électricité nouvelle pourrait alimenter les nanomachines de demain
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a annoncé, jeudi 9 août, dans un communiqué, la mise au point du premier nanogénérateur de courant alternatif. Cette source d'électricité, de quelques nanomètres de long, serait susceptible d'alimenter en énergie les machines de demain, actuellement développées dans les laboratoires et dont la taille serait de seulement quelques atomes.
Cette invention s'inscrit dans le cadre de la mise en place des systèmes nano-électro-mécaniques (NEMS), dont les composants, associant éléments mécaniques et électroniques, s'évaluent désormais à l'échelle du nanomètre (un milliardième de mètre). Jusqu'à maintenant, la norme était celle des systèmes micro-électro-mécaniques (MEMS), dont les composants étaient évalués à l'échelle du micromètre, soit mille fois plus grand.
Seconde spécificité, pour la première fois ces NEMS ne sont plus "passifs", c'est-à-dire qu'ils ne nécessitent plus une source extérieure de courant alternatif, ce qui limitait leur miniaturisation, une telle source mesurant quelques millimètres.
DÉBOUCHÉS DANS LES TÉLÉCOMMUNICATIONS OU L'AUTOMOBILE
Ce premier nanogénérateur de courant alternatif, inventé au sein du laboratoire de physique de la matière condensée et nanostructures de Lyon, pourrait avoir des débouchés dans les télécommunications ou l'automobile.
"Les constructeurs cherchent à intégrer de plus en plus de fonctionnalités", explique Pascal Vincent, membre de l'équipe de recherche, en citant notamment les "capteurs pour la pression des pneus" ou les "radars de proximité".
En effet, pour rendre ces systèmes autonomes, le composant ajouté doit posséder sa propre source d'énergie. Ainsi,"on cherche de plus en plus à ce que le composant soit petit et consomme le moins possible, pour éviter de changer les batteries tous les deux jours", ajoute le chercheur.
Composé d'"un nanofil de carbure de silicium", faisant office d'élément oscillant, "entouré d'un fil d'entrée du signal électrique et d'un fil de sortie", leur système, détaillent-ils, devient "actif" grâce à l'émission de champ : l'application d'une tension continue suffisante fait osciller le métal et permet d'en extraire des électrons, porteurs de la charge électrique. Ce principe est ainsi comparable à celui d'un tuyau d'arrosage qui oscille à partir d'un certain débit, la tension électrique jouant ici le rôle de l'eau.
© 09.08.07, Le Monde, tous droits réservés
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par J.I, Sciences et Avenir.com, le 23.07.2007
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