
Pas moins de 150 villes, 40 départements et 16 régions françaises possèdent des ouvrages signés par Vauban dont de spectaculaires places fortes. Revue de détail …
Entre plaine et montagne
Sur ordre du roi, Vauban commence en 1668 la citadelle d’Arras pour protéger le nord du royaume d’une attaque des Pays-Bas espagnols mais son emplacement peu stratégique lui vaut le surnom de Belle inutile. Elle n’en reste pas moins un témoignage fascinant du génie de Vauban.
En longeant la frontière vers le sud, on rejoint la forteresse en étoile de Longwy. Elevée en 1679 pour se prémunir contre des sièges répétés, elle garde une grande partie de ses bâtiments d’époque.
En Alsace, Neuf-Brisach fait partie des villes neuves. Construite de toute pièce en 1697, elle présente un magnifique plan octogonal resté intact.
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Neufbrisach, (Haut-Rhin), photo : MDLF |
A l’inverse de Neuf-Brisach située en plaine, Besançon s’inscrit dans un relief plus tourmenté. Il fallut 20 ans de travaux pour que soit achevée au-dessus d’un méandre du Doubs la fameuse citadelle en 1693 sur un éperon rocheux. Cette réalisation est sans doute la plus marquante de Vauban. D’ailleurs, elle coûta si cher au trésor royal que Louis XIV lui aurait demandé s’il l’avait construite en or ! Consciente de devoir beaucoup à l’ingénieur militaire, la ville lui rendra un vibrant hommage tout au long de l’année 2007.
Pour approcher la personnalité de Vauban, faites un crochet par sa résidence, le château de Bazoches en Bourgogne acquis en 1675. Il y vivait avec sa famille et y logea sa bibliothèque et son bureau d’études.
Nouvelle illustration de la capacité de Vauban à adapter ses conceptions aux contraintes du relief, la ville de Briançon. A l’intersection de plusieurs vallées encaissées des Hautes-Alpes, la cité était une proie facile en temps de guerre. Vauban imagine un système défensif appuyé sur plusieurs forts situés sur les hauteurs. Malheureusement, il meurt bien avant que son projet voie le jour.
Un peu plus au sud, pour bloquer le passage des armées du duc de Savoie, Vauban lance la construction à partir de 1693 de Mont-Dauphin. Ville inachevée et extraordinaire place forte, elle est entourée par des sommets alpins. En cheminant vers les Pyrénées, deux citadelles d’envergure gardent la frontière avec l’Espagne. Mont-Louis conçue à partir de 1679 est perchée à 1600 m d’altitude et offre une vue impressionnante des remparts. A proximité, les défenses médiévales de Villefranche-de-Conflent située dans un vallon ont été renforcées par l’architecte du Roi et conservent tout leur éclat.
Côté mer
Le périple se poursuit sur le littoral Atlantique menacé par les incursions anglaises. A Blaye qui veille sur l’estuaire de la Gironde, Vauban décide en 1685 de bâtir une nouvelle enceinte doublée de forts qui empêche toute flotte ennemie de remonter jusqu’à Bordeaux. Sur l’île de Ré, en face de La Rochelle, c’est le village de Saint-Martin-de-Ré avec son port qui est protégé à partir de 1681 par une enceinte en étoile afin de faire échec à un débarquement anglais.
La rénovation du fort du port de Belle-île en 1689 suit la même logique. La Tour Vauban en brique qui veille sur la rade de Brest à Camaret-sur-Mer reste un des plus beaux exemples d’architecture militaire. En 1694, elle brise un assaut de 147 vaisseaux anglo-hollandais.
Au nord sur les côtes normandes, Vauban tirant les leçons d’un raid des Anglais sur le port de Saint-Vaast-la-Hougue fait construire deux tours d’observation et de tir pour sécuriser le port. Celle sur l’îlot de Tatihou abrite aujourd’hui un passionnant musée maritime. Vous l’aurez compris, se mettre dans les pas de Vauban, c’est faire le tour de la France !
En savoir plus
Réseau des sites majeurs de Vauban
2 rue Mégévand,
25 034 Besançon
Tél. 03 81 87 82 18
www.sites-vauban.org
Vauban : Un destin peu commun
Sébastien le Prestre de Vauban aura passé 53 années au service de Louis XIV, construit 130 places fortes et villes fortifiées, participé à plus de 50 sièges et parcouru 108 000 kilomètres ...
Une vie exceptionnelle pour un gentilhomme du XVIIème siècle qui a commencé sa carrière comme soldat avant de passer un brevet d’ingénieur en 1655 à 22 ans. Tirant des leçons des sièges auxquels il participe, il repense la stratégie militaire et signe sa première victoire stratégique en 1667 avec les prises de Tournai, Douai et Lille.
Très vite, l’expert de la conduite de sièges met en pratique ses conceptions en matière de fortifications. Le preneur de villes devient le plus talentueux ingénieur militaire d’Europe à qui incombe la défense du territoire.
L’homme de guerre est aussi un humaniste avant l’heure. Il épargne la vie de ses soldats, rédige des mémoires sur l’économie, l’agriculture, améliore les voies de navigation et ose même demander à Louis XIV d’abolir l’édit de Nantes au nom de la liberté religieuse. Cette trajectoire brillante s’achève en le 31 mars 1707 à l’âge de 74 ans.
Auteur : Aurélia Bollé
© 2007, Maison de la France, tous droits réservés
Article reproduit par courtoisie de Maison de la France, pour plus d’information, rendez-vous sur www.franceguide.com