La Commission européenne a présenté son plan pour lutter contre le réchauffement climatique, qui fixe de nouveaux objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

La Commission européenne a trouvé mercredi un accord sur le « paquet de mesures le plus complet au monde » pour lutter contre le réchauffement climatique, pour un coût estimé à « 3 euros par semaine » et par citoyen européen d'ici 2020, selon José Manuel Barroso, soit « moins de 0,5% du PIB d'ici 2020 ». Le président de la Commission Européenne s'exprimait devant les eurodéputés immédiatement après la réunion de la Commission qui a approuvé l'ensemble des mesures. A ses yeux, ce plan est « historique ». Il n'en a pas donné tous les détails, mais a souligné qu'il s'agissait de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990, et de porter la part des renouvelables à 20% dans la consommation énergétique totale de l'UE. Il a confirmé quelques grandes lignes, abondamment dévoilées dans la presse ces derniers jours.
«Objectifs nationaux contraignants»
Parmi elles, l'entrée à partir de 2013 des grandes industries dans la Bourse d'échanges de CO2 de l'Union européenne, qui prévoit l'achat de permis de polluer dont le coût pousse les industriels à réduire leurs émissions. Le secteur de l'électricité, d'où proviennent une grande partie des émissions de CO2, va devoir intégralement payer pour obtenir des droits à polluer à compter de cette date. Les autres secteurs d'activité concernés (métalurgie, transport aérien, ...) rentreront dans ce système payant «graduellement».
Autre mesure phare: des «objectifs nationaux contraignants» pour réduire leurs émissions et développer les énergies renouvelables. Ces objectifs sont fixés en fonction de la richesse des pays et de leur avancement sur chacun de ces chantiers. Par exemple, la France devra réduire ses émissions de 14% d'ici 2020, et faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation de 10.3% en 2005 à 23% en 2020.
Menaces contre les Etats-Unis
Avant même son annonce, ce plan a du affronter une forte opposition, notamment des industriels, qui dénoncent une atteinte à leur compétitivité et menacent de délocaliser vers des cieux moins regardants. Le commissaire européen en charge du secteur, l'Allemand Günter Verheugen, a soutenu ces critiques.
Ce plan devra également trouver sa place sur la scène internationale. Le président Barroso a affirmé à ce sujet que s'il n'y avait pas d'accord international incluant les Etats-Unis et les pays émergents pour réduire les émissions de CO2, l'Europe «agirait»: les industries les plus « énergivores » obtiendraient « gratuitement » leurs permis de polluer et les importateurs de produits concurrents non-européens seraient obligés d'acheter des permis de polluer.