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Vincent Maraval, le cinéma débridé
Avec vingt-cinq films sélectionnés à Cannes ces trois dernières années, deux Palmes d'or à son actif, La Chambre du fils, de Nanni Moretti, et Bowling for Columbine, de Michael Moore, Vincent Maraval est l'une des personnalités les plus puissantes de la Croisette. En apparence pourtant, rien ne le laisse accroire. Ce petit homme éminemment sympathique qui arbore modestement une paire de lunettes de vue et un éternel tee-shirt délavé met à égalité ses deux passions : le cinéma et le football. Réputé pour sa tendance à terminer les festivals ivre-mort et son accent du Sud-Ouest à couper au couteau, ce père de bientôt trois enfants se présente ainsi : « Mon métier, c'est VRP. Je vais chercher des sous pour permettre à des films de se faire. »
 AFP
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Cofondateur d'Exception Wild Bunch ( en hommage au film de Sam Peckinpah « La Horde sauvage », sorti en 1969), une mini-major européenne active dans la distribution, la vente internationale, l'édition vidéo et le financement de projets, il est au sein de cette structure l'homme des ventes internationales. Territoire par territoire, il commercialise les droits de ses films. Pour certains, sonde le marché international avant même d'avoir le scénario, met en place tout ou partie du plan de financement, cherche des partenaires et revient avec des indications pour le projet. « Je sais alors qu'il faudra intégrer telle ou telle contrainte : tourner en anglais, prendre un certain type d'acteurs, ou bien se débrouiller avec un budget réduit... Ensuite on en discute avec les réalisateurs. » Une méthode radicalement opposée à celle qui a traditionnellement cours en France. « Alors que beaucoup de films se montent avec des guichets automatiques, notre mécanique consiste à prendre des risques financiers, ou à les couvrir pour d'autres, en échange de recettes à venir. » | Provocateur, quitte à « passer pour un sarkozyste, bien [qu'il ne le soit] pas », il réclame la privatisation des chaînes publiques qui ne remplissent plus leur mission. Il brocarde un système de financement trop protecteur, responsable selon lui d'une production française pléthorique et sans relief. Mais il reste l'une des personnes les plus appréciées du milieu. Réputé fair-play, respectueux des besoins des films, il est surtout aimé parce que, comme le résume le producteur Paulo Branco, « tout en étant au coeur de cette énorme expansion qu'a été Wild Bunch, il a réussi à maintenir sa ligne. »
Son goût du cinéma s'est forgé à Albi, sa ville natale, dans la cabine de projection de son père, un professeur responsable du ciné-club du lycée. Il dévore La Revue du cinéma et se gave de cassettes. « La vidéo vous met dans un rapport de disponibilité immédiate avec les films. La salle, en revanche, a toujours été quelque chose de sacré. Je n'oublierai jamais le jour où on est allés voir Star Wars à Toulouse. On en a pris plein les yeux ! Plus tard, j'ai économisé pendant trois semaines pour aller voir Elle a passé tant d'heures sous les sunlights, de Garrel, dont j'avais lu une critique. Un émerveillement. »
Selon Thierry Frémaux, le délégué artistique du Festival de Cannes, « Vincent Maraval fait partie, comme moi, de ces cinéphiles devenus adultes dans les années 1980-1990, et qui considèrent que Dario Argento et Abel Ferrara sont des cinéastes aussi majeurs que les grands classiques. »
Vincent Maraval voulait être réalisateur, mais ses parents n'étaient pas prêts à lui financer de telles études. Après un bac miraculeusement obtenu, il fait une école de commerce et décroche, à la sortie, un stage chez UGC Vidéo. Deux ans plus tard, il est nommé directeur commercial, accompagne les VRP en tournée. L'expérience est fondatrice. « Je n'ai pas arrêté de vendre Le Décalogue de Kieslowski ; j'ai appris comment convaincre Carrefour de me l'acheter. C'est la distribution qui compte. »
A la suite d'un rachat, il atterrit chez Studio Canal, apprend là que, « dans le cinéma, le rapport au pognon est immédiat. Il faut être clair, capable de dire que tel film est moins porteur qu'un autre, expliquer sur quelle niche il peut exister. Sinon, on se décrédibilise ».
A la fin des années 1990, quand le Studio commence à produire les grands auteurs internationaux qu'il vénère, David Lynch, Jim Jarmusch et d'autres, il se sent moins utile et projette de se mettre à son compte, avec Alain de la Mata, un vendeur basé en Grande-Bretagne. Mais ses patrons le retiennent et lui proposent de fonder le label au sein même de Studio Canal. Ainsi naît Wild Bunch, en 1999, société à l'image sulfureuse qui fait tout de suite parler d'elle avec la mise sur le marché de Cannes de Baise-moi, de Virginie Despentes. Maraval joue gros sur ce film « artistique, violent, porteur d'un message agressif qui nous correspondait à l'époque, et sur lequel on avait mis pas mal d'arg ent ». Mais il gagne son pari. Les acheteurs sont emballés d'avoir vu « un porno sur le marché », la rumeur gonfle, et une grosse fête cannoise organisée pour le film finit le travail.
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 AFP. |
Maraval fait des coups. Après la clôture de la sélection de Berlin en 2002, il obtient que le comité se réunisse à nouveau pour visionner Le Vo yage de Chihiro, de Miyazaki. Après un an de pourparlers avec ses producteurs, ceux-ci ont accepté de s'engager avec lui à condition qu'il hisse le film en compétition, du jamais-vu pour un film d'animation. Le comité aime le film et propose de le prendre « hors compétition ». Maraval refuse de leur donner le film, le comité plie, et Le Voyage de Chihiro remporte l'Ours d'or.
Avec la fusion entre Vivendi et Universal, la situation se dégrade pour Studio Canal. Maraval convainc Vincent Grimond, alors vice-président d'Universal, et Brahim Chioua, le patron de Studio Canal, de faire sécession pour créer avec lui et Alain de La Matta une nouvelle société. Il obtient en outre le droit de conserver la gestion de son prestigieux catalogue, et son nom. C'est la naissance d'Exception Wild Bunch (EWB).
« Le fait d'avoir embauché ses propres patrons ne l'a-t-il pas rendu malheureux ? », s'interroge un acteur du marché. Via ses filiales, EWB produit ou distribue en France des films très grand public comme Danse avec lui, Molière, ou Comme t'y es belle, qui ne semblent pas s'inscrire dans la cinéphilie de Vincent Maraval. L'intéressé soutient ne travailler que sur des projets qu'il aime, ce qui inclut Molière, mais pas les deux autres. Pour le reste, il continue d'être impliqué dans des films qui lui ressemblent. Soit, entre autres, les prochains films de Woody Allen, d'Abel Ferrara, de Gaspard Noé, de Marina de Van, de Corneliu Porumboiu et de Cristian Mungiu, deux Roumains respectivement Caméra d'or l'année dernière et en compétition à Cannes cette année. |
Isabelle Regnier , © mai 2007, Le Monde, tous droits réservés
Article reproduit par courtoisie de Le Monde, pour vous abonner consultez www.lemonde.fr/abojournal/ou www.todalaprensa.com.mx.

Images de la France sur grand écran
Les charmes de Paris et des régions de France inspirent depuis toujours le cinéma, et de nouvelles idées d'itinérances thématiques sur les traces des chefs d’œuvre du septième art.
Gage de leur pouvoir d'attraction, les sites historiques et les ambiances authentiques font le bonheur des plus grands cinéastes du monde. Parfois même, le décor tient un vrai rôle, comme la ville de Paris dans le fameux « Da Vinci Code » ou « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ».

Autant de lieux filmés qui deviennent des sujets de visite pour les touristes du monde entier (église Saint-Sulpice, quartier de Montmartre…). L’avenue des Champs-Elysées a également été le sujet de multiples romances, avec notamment Sabrina, film réalisé par Sydney Pollack en 1995. Aujourd’hui, les séries TV américaines à succès (Urgences, Sex and the City) s’expatrient pour quelques épisodes, mais uniquement pour la France en "guest star" : l’étonnante abbaye de Cluny accueillit ainsi « The Sopranos » en 2006.
La Provence est aussi régulièrement mise en scène. Exemple tout récent avec "Une grande année", film signé par Ridley Scott (sorti en début 2007) et d'après un best-seller de Peter Mayle : l’art de vivre des villages du Luberon marque véritablement le destin romanesque du héros interprété par Russel Crowe.
La plage immense et le style singulier de la station balnéaire de Deauville (en Normandie) ont d’autre part été sublimés par Claude Lelouch en 1968 dans "Un homme et une femme", palme d'or au festival de Cannes. Plus récemment, la somptueuse reconstitution historique de Sofia Coppola pour« Marie-Antoinette » fut tournée au château de Versailles, évidemment, mais aussi au château de Champs-sur-Marne.
Les villes médiévales et les forteresses mais aussi les fameuses épopées du patrimoine littéraire ont toujours fourni une belle matière aux films d’aventure et aux films de genre, dont les « Trois Mousquetaires » ou le « Comte de Monte Cristo ». Quant à « L’homme au masque de fer » (avec Léonardo Di Caprio, en 1997), il n’a pas été tourné dans la prison historiquement supposée des Iles de Lérins (en baie de Cannes) mais au superbe château de Pierrefonds (domaine national, près de Compiègne, dans l’Oise), où fut aussi réalisé le « Jeanne d’Arc » de Luc Besson, entre autres.

Autre exemple avec « Jacquou le Croquant » (sorti en début 2007), une saga qui raconte les jacqueries, ces révoltes des paysans pauvres au début du XIXème siècle, et qui fut tournée dans les décors naturels du Périgord (en Dordogne) : de l’exceptionnel château - village de Beynac à la ville classée de Sarlat, ville très souvent sous le regard des caméras !
Les ambiances très diversifiées de la Bretagne ont aussi attiré les réalisateurs de toutes nationalités et tous les genres de scénarios : « Un long dimanche de fiançailles » à Penmarc’h, « Tess » à Locronan, « Elisa » à Ouessant mais aussi « le Peuple migrateur » (documentaire animalier) à Saint-Guénolé ou même « la Planète des Singes » (science-fiction) au domaine de Ménez-Meur !...
Les lumières du bassin d’Arcachon (vues dans « Camping ») ou les grands vignobles du Bordelais font encore le bonheur du cinéma en Aquitaine. Des plages à la montagne pyrénéenne, des quais de Bordeaux aux paysages de la Dordogne et de Gascogne (« Le bonheur est dans le pré »), l’Aquitaine se classe troisième parmi les régions de cinéma avec par exemple 83 tournages en 2006 pour 1200 journées de production : du spot de publicité TV au long métrage en passant par le documentaire.
Fort d’un constat général et des statistiques flatteuses de la Commission du film français, chaque région de France ou presque (Aquitaine, Bretagne, Provence et Luberon mais aussi Rhône-Alpes, Franche-Comté, Bourgogne, Alsace, Val de Loire, Corse, etc.) possède désormais son « bureau d’accueil des tournages » : pour de beaux voyages au cinéma à venir…
Petite bibliographie pour les touristes cinéphiles
Ciné Paris : guide des lieux filmés, éd. Hors Collection 2003
Paris vu au cinéma : livre de souvenirs, éd. Movie Planet 2003
Le cinéma en Bretagne : livre de souvenirs, éd. Palantines
Philippe Bardiau, article et photos reproduits par courtoisie de Maison de la France ©tous droits réservés. Pour plus de renseignements consultez franceguide.com
Le Chiffre

200 millions d'euros
C'est ce qu'auraient rapporté, en termes de retombées économiques directes et indirectes, les 1 200 jours des 215 tournages étrangers ayant choisi la France pour décor. Comme c'est la première fois qu'une telle estimation est réalisée, les éléments de comparaison sont inexistants. La publicité et le cinéma sont les principaux contributeurs, bien que les documentaires (notamment sur la gastronomie et le tourisme de l'Hexagone aux profits des chaînes de télé américaines et anglaises) soient les plus nombreux. Nos « clients » se recrutent principalement chez les Américains (34 %) et les Britanniques (20 %), avec, à noter, une percée des tournages chinois et indiens. Hollywood a été plus présente que de coutume en France, avec, notamment, les 60 jours de tournage de Sofia Coppola (« Marie-Antoinette ») en Ile-de-France, les 50 jours de « A Good Year » de Ridley Scott (avec Russell Crowe) dans le Vaucluse... On trouve même la version originale américaine de « The Bachelor » (25 jours) qui débute sur ABC en janvier
05/01/2006 - © Le Point - N°1738, tous droits réservés
Article reproduit par courtoisie de Le Point, pour vous abonner, consultez http://www.lepoint.fr/html/abonnements/
Le regain des comédies à la française
Le cinéma français joue la carte du charme et de l’humour et cela lui réussit. Trois comédies sentimentales inattendues ont conquis le public avec des duos amoureux irrésistibles.

Prête-moi ta main, d’Eric Lartigau, a battu des records d’affluence en attirant dans les salles plus de trois millions et demi de spectateurs grâce à un scénario original et un casting détonant. Luis, célibataire endurci interprété par Alain Chabat (acteur, mais aussi producteur et metteur en scène de Didier ou d’Astérix contre Cléopâtre), mène une vie paisible jusqu’au jour où sa mère et ses sœurs, lassées de le materner, se mettent en tête de le marier dans l’année. Il échafaude alors un plan : louer les services d’une fiancée idéale qui l’abandonnera ensuite le jour des noces et le mettra pour toujours à l’abri des remontrances familiales. Dans le rôle de la femme parfaite, il choisit Emma, la sœur d’un de ses collègues, forte tête campée par une Charlotte Gainsbourg désopilante de culot.
Avec Hors de prix, Pierre Salvadori réunit pour la première fois à l’écran Audrey Tautou, notre " Amélie Poulain " nationale, et Gad Elmaleh, l’humoriste chouchou des Français. Jean, serveur timide et désargenté, va se faire passer pour milliardaire auprès d’Inès, aventurière pétillante et vénale, écumant les palaces de la Côte d’Azur à la recherche d’hommes fortunés. Quand elle découvre la supercherie, elle le quitte aussitôt, mais Jean, sous le charme de la belle, est prêt à tout pour la reconquérir. Le scénario doux-amer, qui livre d’ailleurs une leçon de séduction quelque peu amorale, un parfum de comédie hollywoodienne, et un couple d’acteurs épatant, font de ce film un délicieux divertissement.
Dans un tout autre registre, l’acteur Roschdy Zem nous livre sa première œuvre de réalisateur, Mauvaise foi, une comédie sociale qui s’attaque avec humour à la difficile question des couples mixtes. Clara (Cécile de France), de confession juive, et Ismaël, musulman, forment un couple épanoui et heureux jusqu’au jour où la jeune femme tombe enceinte. Leur amour sera alors soumis à rude épreuve et devra trouver sa route entre le poids des traditions, les réflexes identitaires, et autres pressions familiales. Roschdy Zem, qui interprète également le rôle d’Ismaël, souligne avec justesse les obstacles culturels et religieux entre deux communautés. Le film, servi par des dialogues savoureux, balance entre rire et gravité sans jamais épouser une vision manichéenne. Un bel hymne à la tolérance.
Manon Nouvelle, © 2007, Label France, tous droits réservés
Article reproduit par courtoisie de Label France, magazine du Ministère des affaires étrangères
Début du 11ème Tour de Cinéma Français au Mexique

L'Ambassade de France, les Cinémas Nueva Era, l'Alliance Française et Cinépolis présentent la onzième édition du "Tour de Cine Francés" au Mexique, avec la présentation de 7 films inédits, dans plus de 50 villes du pays, et plus particulièrement dans les salles de cinéma Cinépolis.
La route du tour qui présentera cette année les nouveaux films intégrera en outre des nouvelles villes, des nouvelles salles de projections ainsi que des universités.
L'ensemble des efforts mis en œuvre par les organisateurs dudit Tour a contribué à en faire un élément essentiel dans la vie culturelle des spectateurs, tant par la qualité, la diversité des thèmes abordés, la promotion et la diffusion des films au niveau national.
Il va sans dire que les longs –métrages sélectionnés pour cette édition satisferont amplement le public qui chaque année est un peu plus exigeant et amateur éclairé de cinéma français.
Le Tour commencera le vendredi 21 septembre dans les salles Cinépolis de Mexico, de Guadalajara, Morelia, Puebla, Cuernavaca et Metepec, puis continuera son parcours dans les Cinépolis de l'ensemble de la république et ce jusqu'au 29 novembre.
- Mexico : Cinépolis Diana, Interlomas, Miramontes, Perisur, Plaza Satélite, Plaza Universidad, Cineteca Nacional
- Guadalajara : Cinépolis Galerías, Pabellón et Centro Magno
- Morelia : Cinépolis Morelia Centro, Cinépolis Plaza Morelia
- Puebla : Cinépolis Angelópolis, Cinépolis La Noria
- Cuernavaca : Cinépolis Galerías Cuernavaca
- Metepec : Cinépolis Galerías Metepec
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.tourdecinefrances.com
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Venez découvrir www.cinefrances.com.mx, le nouveau site internet des passionnés de cinéma français au Mexique !
Vous y trouverez chaque semaine de nouvelles informations sur les salles, les horaires, les cineclubs, l’Ifal, les alliances françaises et la cinémathèque, ainsi que des liens utiles, des informations sur les acteurs français présents dans les festivals du Mexique, des fiches biographiques et bien d'autres choses encore...
Le site est actualisé chaque vendredi, jour de changement de la programmation commerciale. Pendant le "Tour de Cine francés" (septembre – octobre) et le "Festival de Cine franco-mexicano" (novembre), retrouvez tous les jours sur notre site des nouvelles de ces deux événements majeurs… |
Césars 2007, le triomphe de la diversité
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Pour sa trente-deuxième édition, la prestigieuse cérémonie des Césars, qui récompense chaque année le cinéma français, a plébiscité deux films emblématiques de l’éclectisme de la production hexagonale, tous deux tirés de romans anglophones : Lady Chatterley de Pascale Ferran, d’après l’œuvre littéraire de D. H. Lawrence, et Ne le dis à personne, deuxième long métrage signé de l’acteur Guillaume Canet, adapté du best-seller contemporain de Harlan Coben.
Figure respectée du cinéma d’auteur français, Pascale Ferran (Petits Arrangements avec les morts, L’Âge des possibles) a créé la surprise avec son adaptation très moderne et inspirée de Lady Chatterley et l’homme des bois qui a remporté le très convoité César du meilleur film, mais également les prix de la meilleure photo, des meilleurs costumes, de la meilleure adaptation et, enfin, de la meilleure actrice, pour la prestation remarquable de Marina Hands, jusque-là surtout connue au théâtre.
Du roman subversif de D. H. Lawrence, qui raconte la liaison adultère entre une jeune châtelaine et un garde-chasse dans l’Angleterre des années 20, Pascale Ferran donne une lecture délicate et passionnelle, où l’épanouissement de la nature appelle le désir et la rencontre de deux êtres que tout oppose socialement et qui réussiront pourtant à se trouver par la grâce de l’amour. |
Cette œuvre rare et audacieuse, saluée par la critique et déjà récompensée par le prix Louis-Delluc, a dû faire face à des obstacles de taille avant de voir le jour. Dans un système de production dominé par des chaînes de télévision poussant de plus en plus au formatage des films, seule la station franco-allemande Arte avait accepté de le financer. Pascale Ferran a d’ailleurs rappelé lors de la cérémonie, dans une intervention très remarquée, la menace qui pèse en France sur un cinéma exigeant.
Déjà vendu presque partout dans le monde et élu meilleur film français de l’année par le prix Lumière, décerné par la presse étrangère, Ne le dis à personne a également reçu les honneurs de la profession. Guillaume Canet, sacré meilleur réalisateur à trente-trois ans, signe un thriller palpitant, à la mise en scène inventive et efficace (le César du meilleur montage lui a aussi été décerné). Huit ans après l’assassinat de sa femme, Alex voit ressurgir les démons de son passé et se retrouve happé dans une spirale infernale. Ce film au rythme effréné, qui alterne scènes d’action haletantes et moments d’émotion, a attiré dans les salles françaises près de 3 millions de spectateurs.
Une production servie par un casting haut de gamme : François Cluzet (César du meilleur acteur pour la première fois de sa carrière) qui livre une interprétation époustouflante, mais également André Dussollier, Jean Rochefort, Nathalie Baye, Kristin Scott Thomas, Marie-Josée Croze et encore Marina Hands !
Stéphanie Secqueville, Label France n° 67 ©tous droits réservés
Article reproduit par courtoisie de Label France, magazine du Ministère des affaires étrangères |
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