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R É S O L U
Cet homme est une ÉNIGME.
Il a le profil réservé du haut fonctionnaire, mais c'est lui, Jean-Paul Bailly, qui a le plus changé La Poste depuis des lustres. Avec sa silhouette de bon géant, il laisse une impression de mollesse, alors qu'ancien trois- quarts au rugby il a percé bien des lignes de défense. Il n'a jamais joué les prophètes du libéralisme, mais c'est lui qui va peut-être privatiser La Poste.
Les syndicats l'apprécient sincèrement, et pourtant, il leur a fait avaler l'abandon du statut de fonctionnaire pour un salarié en jaune sur deux. Même Olivier Besancenot, le plus loquace des postiers, n'a jamais su comment contrer cet étrange patron, à la tête de l'entreprise la plus peuplée de France (300 000 salariés). |
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AFP / AFP / PIERRE VERDY
Le président de La Poste Jean-Paul Bailly |
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Habile Oh certes, ce n'est pas un tribun ! Il fallait le voir, le 28 août, donnant enfin une conférence de presse après deux mois de fuites et de rumeurs, entretenant encore à la tribune le flou artistique. Derrière son pupitre, le professeur Bailly ânonna, avec force répétitions didactiques, son projet vague de «changement de statut et d'ouverture de capital». Un vieux routier du service public comme lui, élevé plus de trente ans au bon lait de la RATP, n'aurait jamais lâché le mot qui fâche : «privatisation»._Et voilà comment, le 23 septembre, jour de la grève prévisible, moins de un postier sur quatre a manifesté contre le projet concocté dans son coin, sorti au moment opportun, par le président malin. Jean-Paul Bailly a touché ce jour-là les dividendes d'une méthode de management que bien peu, même autour de lui, sont capables de décrypter. Même s'il se montre «accessible», voire «chaleureux» en petit comité, il n'accorde vraiment sa confiance qu'à trois personnes : sa directrice de cabinet, son directeur de la communication et son assistante.
SEVERIN AGNAS / Challenges, tous droits réservés / 9/10/08 |
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