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Puebla :
voyage
au
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de la
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© GUSTAVO VELA |
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Nous revenons d'un voyage de 24 heures au coeur de la terre pour installer la dernière partie de la corde et prendre quelques photos du Système Akemati, l'une des neuf grottes de plus de milles mètres de profondeur au Mexique. |
Antécédents
Le Système de Akemati a été découvert et exploré par des spéléologues du Groupe Spéléologique Alpino Belga. Un jour d'exploration en 1988, après avoir trouvé une grotte à côté d'un sentier, les spéléologues ont demandé aux gens qui passaient par là comment s'appelait cet endroit. Ils leur ont répondu “akemati, akemati”. C'est ainsi qu'ils ont appelé la grotte qu'ils ont commencée à explorer. Plus tard, ils ont découvert que akemati signifiait “je ne sais pas” en nahuatl, mais comme le nom leur a plu, ils ont décidé de le laisser.
On s'était réuni avec quelques amis dans la localité de Ocotempa, dans la Sierra Negra, dans le sud de l'état de Puebla, pour réaliser la descente sportive du Système Akemati. Avec mes amis Franco Attolini et Alan Warild nous avons organisé une expédition composée de 13 spéléologues de 10 clubs et 6 nationalités.
Nous, nous avons commencé avec l'installation de la corde et des voyages relativement courts, environ huit heures, formé par des équipes de deux ou trois personnes. Au cours de la première offensive du gouffre, Lorenzo, Sergio et Tony ont installé la corde - à 250 mètres de profondeur -, dans l'une une des parties les plus commodes de la grotte, où se trouve le cycloespéolodromo, une magnifique galerie horizontale de 350 mètres de longueur. Au cours du second voyage nous sommes arrivés à 450 mètres, là où la grotte est assez verticale avec des jets d'eau pouvant aller jusqu'à 80 mètres. Une troisième offensive et nous avons atteint les 600 mètres, en passant par l'une des parties où il y a beaucoup d'eau et d'abondantes cascades.
Le temps nécessaire pour descendre s'est allongé, car pour chaque voyage à la grotte nous partions depuis la surface jusqu'à l'installation puis nous remontions de nouveau à la surface
À la quatrième incursion dans la grotte, nous sommes descendu jusqu'à 600 mètres, nous avons installé 120 mètres de corde et ensuite, nous sommes remontés à la superficie depuis 720 mètres de profondeur. Tout cela en 17 heures!. Ce passage de la grotte peut être très sec dans le cas où l'eau est déviée à une ramification fossile, phénomène connu ici sous le nom de « aguarapt ».
Lors du cinquième voyage, deux autres compagnons ont également remonté un long tronçon (880 mètres de profondeur) et sont passés par le “chipichipi”, deux affluents d'eau en provenance du toit, qui probablement viennent d'une autre grotte et se connectent à Akemati. A partir de là, la grotte redevient humide.
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© GUSTAVO VELA |
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En préparant la sixième incursion, nous étions tous très émus parce que l'on croyait qu'avec ce voyage nous arriverions à 1 060 mètres de profondeur. Lorenzo et moi avons terminé de préparer tout l'équipement et sommes sortis du campement pour nous rendre à la grotte. Quatre heures ont été nécessaires pour atteindre 880 mètres de profondeur, et il nous a fallu encore 5 heures pour l'installation et photographier, jusqu'à arriver à 960 mètres de profondeur. Nous sommes restés un bon moment à l'entrée du puit d'une profondeur de 101 mètres en essayant de le descendre mais nous n'avons pas pu. Frustrés, nous avons fait un tour et sommes rentrés à la superficie en 10 heures.
Quand nous sommes arrivés le matin suivant au campement, nos compagnons nous ont posé un tas de questions. Nous les avons informés que nous n'avions pas pu terminer de procéder aux installations sur le puit baptisé “Expreso de media noche”, celui de 101 mètres qui conduisait à la profondeur de 1 060 mètres, parce que nous n'avons pas pu trouver le chemin pour descendre. On est resté 5 heures à l'entrée du puit et bien que d'autres alternatives nous sont venues à l'esprit, aucune nous a paru assez sûre et fiable en raison de la présence de nombreuses roches qui se décollaient ou frôlaient la corde. Les deux pouvant provoquer un accident. De plus, pour notre malchance, l'unique marteau que nous possédions (à une profondeur de 960 mètres) s'était cassé et nous ne disposions donc plus d'outil pour continuer d'installer les ancrages pour la corde. Nous avions travaillé pendant 14 heures et il nous manquait encore le retour à la superficie.
La deuxième cordée fut bientôt organisée, celle qui permettrait d'achever les ancrages et d'arriver au fond de ce puit. Le matin, Alan et Jon sont sortis avec un autre marteau, une autre corde et une envie très forte d'atteindre le fond. Et ils ont réussi. Dix-huit heures après en être sortis, ils y sont retournés à l'aube, contents, fatigués, humides et le gouffre atteint. Il nous manquait seulement de montrer le gouffre au reste des membres de l'expédition et retirer les 1 500 mètres de corde disposés.
Tôt dans la matinée, nous sommes descendus pour la corde, on a marché un peu, on est descendu et descendu. Cinq heures et demie plus tard on atteint les 1 060 mètres de profondeur. On a pris des photos et on a commencé à démonter l'installation jusqu'au matin suivant. La grotte est restée comme nous l'avons trouvée, sans poubelles, sans empreintes, sans lumière.
Une des questions que nous posent toujours les personnes qui vivent tout près est celle de savoir pourquoi nous explorons des grottes? La réponse n'est pas si simple. Une des raisons se trouve dans l'émotion incomparable de la découverte, être le premier à entrer dans des passages et des salles qui durant des milliers d'années sont restés dans l'obscurité totale. Ce n'est d'ailleurs pas important si elles ont déjà été explorées car nous nous y rendons aussi pour le plaisir de faire du sport et celui d'apprécier la beauté de l'endroit. Pour conclure, ce que nous voulons est passer un moment agréable entre amis.
© GUSTAVO VELA / México Desconocido, tous droits réservés / 2008-11-06
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Article reproduit par courtoisie de Mexico Desconocido,
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