Les Tlaxcaltèques, qui vivaient généralement de l'agriculture, ont construit des édifices publics et civils. Quand Hernan Cortes est parvenu en ce lieu, en 1519 environ, ses habitants se sont unis à lui pour battre leurs éternels ennemis : les Mexicas.
Les premières édifications se sont réalisées à l'endroit connu comme Valle de Chalchihuapan ; ainsi, la ville de Tlaxcala a été crée sous le nom de Tlaxcala de Notre Dame de l'Assomption, à l'initiative de Don Diego Muñoz Camargo en 1525, fondation soutenue par un ordre du Papa Clément VII.
La ville jouit d'une image de propreté, en raison de ses édifices en briques décorés en Talavera, un type de faïence blanche et glacée propre à la région, et de ses magnifiques entrées en armagasa blanche dans le style baroque apparu au XVIIIème siècle et connu comme baroque tlaxcaltèque.
En raison de sa fondation ancestrale, on peut encore rencontrer divers immeubles des XVI, XVII, XVIII et XIX ème siècles en excellent état de conservation. On dit que la ville a commencé à être construite à partir de la Place des Armes, dont le nom fut postérieurement changé par celui actuel de Place de la Constitution.
La Place est limitée au nord par le Palais du Gouvernement, dont la construction a commencé en 1545. Cet édifice conserve uniquement du XVI siècle la partie basse de la façade et l'architecture intérieure, car il a été modifié plusieurs fois au cours de son existence. À l'intérieur, nous pouvons apprécier un magnifique mural qui raconte l'histoire de Tlaxcala depuis l'époque préhispanique jusqu'au XIX siècle. Ladite œuvre a été commencée en 1957 par l'illustre artiste tlaxcaltèque Desiderio Hernández Xochitiotzin.
Après nous être extasiés du magnifique spectacle que représente le mural, nous pouvons nous diriger jusqu'à la Paroisse de San José, érigée entre le XVII et le XVIII. Sa façade principale est décorée avec le traditionnel mortier baroque tlaxcaltèque, recouverte par des briques et des carreaux de Talavera. Une image de San José se démarque dans sa partie centrale.
À l'extrême ouest de la Place de la Constitution est localisée l'ancienne Chapelle Royale des Indiens, dont la première pierre fut posée par Fray Andrés de Córdoba, financée par les 4 autorités originelles. En 1984 ils l'ont restaurée et, à partir de cette date, elle héberge le Pouvoir Judiciaire de l'état.
Dans la rue Juárez, à l'est de la Place de la Constitution et dans la partie centrale de l'entrée Hidalgo, construite à l'initiative de Don Diego Ramirez, est située la Maison de la Mairie, qui remonte au XVI ème siècle. À partir de 1985 le gouvernement de l'état a décidé de l'acquérir et de la destiner à ses fins actuelles.
Enfin, le flanc sud de la place est fermé par divers édifices, dont se distingue la Maison de Pierre, immeuble du XVI ème siècle, dont la façade est faite en cantera grise provenant de la population voisine de Xaltocan et qui héberge un des meilleurs hôtels de la ville.
De passage par le centre
Revenant un peu sur nos pas, derrière la Paroisse de San José se situe la Place Juárez qui fut avant le marché de la ville et qui aujourd'hui forme un large espace ouvert avec une statue de bronze de don Benito Juárez et une fontaine avec une sculpture en cantera d'un aigle dévorant un serpent. Face à elle, dans la rue d'Allende, se trouve le Palais Législatif, construit à peine en 1992 et siège du Pouvoir Législatif de l'état. Dans les rues Lardizábal et Juárez se localise l'ancien Palais Législatif. La façade à l'angle est réalisée en un type de cantera grise abondant dans la région de Xaltocan. À l'intérieur, on est attiré par son escalier qui serpente et dont le toit en forme de dôme rappelle l'art nouveau.
À quelques pas de cet édifice, nous trouvons avec le Théâtre Xicohtencatl, un des premiers espaces dédiés à l'art et la culture dans l'entité. Il fut inauguré en 1873, mais sa façade originale a été modifiée en 1923 et en 1945 lorsqu'on lui a adossé une entrée en cantera de style marqué néoclassique.
Dans la même avenue Juárez, on arrive au Palais de la Culture, qui date de 1939 et qui à ses débuts a donné l'hospitalité à l'Institut des Études Supérieures de Tlaxcala et qui depuis 1991 a été restauré pour être le siège de l'Institut Tlaxcaltèque de la Culture. Ses façades sont recouvertes de briques de « petatillo », avec un style qui rentre dans le cadre du style néoclassique tardif.
Notre visite suivante nous conduit à l'ancien couvent franciscain de Notre Dame de l'Assomption, considéré comme l'une des premières œuvres relatives au couvents d'Amérique. L'ensemble franciscain a commencé à être édifié en 1537 et est formé de deux portiques. L'un est situé au dernier étage et se trouve délimité par trois grands arcs qui l'unissent au clocher. Dedans on remarque une « Capilla posa » décorée avec des reliefs de San Francisco de Asis et de Santo Domingo de Guzmán.
Le temple du couvent fonctionne actuellement comme cathédrale de l'endroit et sa façade est assez austère, mais son intérieur réserve une avalanche de surprises, qui commencent avec un impressionnant toit en bois de style mudéjar, un des meilleurs conservés de son type. Au niveau de son flanc gauche, après avoir monté un perron incliné en pierre, nous arrivons à la chapelle du Bon Voisin, édification austère du XVII siècle, aujourd'hui sous la protection de particuliers et qui seulement est ouvert pour le culte à deux dates : le jeudi saint et le 1er juillet. En sortant de cette chapelle nous faisons connaissance avec la singulière Place des Taureaux « Jorge El Ranchero Aguilar ».
Après avoir marché un bon moment, nous nous arrêtons à déguster un de ces plats typiques de la région tels qu'un poulet Xaltocan, quelques escamoles, quelques vers de maguey ou une délicieuse soupe tlaxcaltèque. L'appétit satisfait, nous nous dirigeons jusqu'au Musée Vivant des Arts et Traditions Populaires de Tlaxcala, dans l'avenue Emilio Sánchez Piedras, au numéro 1,qui fut il y a quelques années la Maison du Gouvernement.
Pour terminer notre visite à la ville de Tlaxcala nous nous rendons à la Basilique et Sanctuaire de Notre Dame de Ocotlán, magnifique construction religieuse à un kilomètre à l'est du centre. La légende raconte que ce temple a été construit à l'endroit où en 1541 la Vierge Marie est apparue à un indigène dénommé Juan Diego Bernardino. Son retable est de style baroque et est orné avec des coquilles, guirlandes, de même que des paniers avec des décorations végétales qui encadrent 17 sculptures, 18 anges et 33 de tailles diverses. L'image de la Vierge de Ocotlán est une belle sculpture en bois d'acote d'une seule pièce polychromée et finement cuite. Sa fête principale est célébrée le premier et le troisième lundi du mois de mai à laquelle se rendent des millions de pèlerins de toute la république.
Ainsi, cette magnifique ville offre un ensemble d'options pour la connaissance, avec diverses surprises pour la majorité des visiteurs.
Si tu vas à Tlaxcala
De la ville de Mexico on prend l'autoroute numéro 150 Mexico-Puebla. En arrivant au péage de San Martín Texmelucan se trouve la déviation jusqu'à l'autoroute numéro 117 qui nous amènera jusqu'à la ville de Tlaxcala, distante de 115 km de la capitale.
De Puebla on prend la route fédérale numéro 119 qui après être passée par Zacatelco nous conduit à Tlaxcala ou bien l'autoroute numéro 121 qui passe par Santa Ana Chaiutempan pour arriver au boulevard Santa Ana-Tlaxcala. ce tronçon ne dépasse pas les 32 km.